24 janv. 2024 - WhoIsWho

Jean-Michel Poulet, Directeur Technique National engagé

Sportif de haut niveau, Jean-Michel Poulet intègre l’équipe de France de Voile Contact en 1990. Grâce à d’excellentes performances sportives et à une vision globale du sport, il endosse, en 1996, le rôle d’entraineur national en parallèle de son statut de compétiteur. Il conserve cette double casquette « d’entraineur-joueur » jusqu’en 2012, année où il mettra fin à sa carrière de compétiteur. Un choix qui lui permet une analyse et une prise de recul plus fines !

2012 marque un tournant pour ce passionné, nommé Directeur Technique Adjoint lié au Haut-Niveau en 2009. « En 2012, je suis devenu Directeur Technique National de la Fédération Française de Parachutisme tout en continuant à entrainer les équipes de France de Voile Contact ! », déclare-t-il. Un rôle qui lui permet, malgré la surcharge de travail induite, de rester au contact des écoles de parachutisme et de conserver ainsi une vision transversale quant aux différentes problématiques du terrain.

Zoom sur le DTN : un rôle complexe et diversifié

Les DTN sont au nombre de 76, en France, et la plupart des fédérations sportives, qu’elles soient olympiques ou non, bénéficient de la présence d’un DTN.

En tant que fonctionnaire de catégorie A du Ministère des Sports, le Directeur Technique National est placé au sein d’une fédération pour élaborer et mettre en œuvre la politique fédérale en accord avec les directives ministérielles.

La Fédération Française de Parachutisme est une fédération délégataire. A ce titre elle bénéficie d’une prérogative de puissance publique. Ce contrat, rédigé avec le Président de la FFP, engage, à la fois, la Fédération et l’Etat et permet à la Fédération d’édicter des règles qui ont force de loi.

Zoom sur la sécurité

La mission première et majeure du Directeur Technique National est la protection de l’usager. « Mon objectif principal est de mettre en place des règles qui permettent à l’ensemble des parachutistes de pratiquer en toute sécurité, tout en prenant en compte le fait que la FFP évolue dans un environnement dit spécifique. Les règles édictées ont toujours pour but de réduire l’accidentologie »évoque Jean-Michel Poulet.

Pour plus de chiffres concernant l’accidentologie, c’est par ici : www.ffp.asso.fr/bulletin-officiel-numero-134-2eme-trimestre-2023/

Parmi les autres missions principales se trouve la définition du contrat de performance construit avec l’Agence Nationale du Sport. « Le but est d’élaborer des objectifs à atteindre afin de budgétiser le nombre de stages, d’entrainements, de déplacements, de compétitions pour l’ensemble des équipes de France. Ces objectifs font l’objet d’un suivi par l’ANS via des bilans annuels » évoque-t-il.

Le contrat de développement est également à concevoir avec l’ANS. « Il s’agit du développement de la pratique. Cela inclut les formations, les diplômes d’Etat (BPJEPS, DE, DES) et les diplômes fédéraux. Il est parfois nécessaire de réformer certaines filières, car les textes évoluent. Franck Mahut, mon adjoint sur ce secteur et moi-même devons réécrire les contenus des formations en corrélation avec les évolutions ministérielles. »

Pour rappel, la FFP gère trois types de formations dont il est important de comprendre les éléments différenciants. Tout d’abord, il y a celles que l’on appelle « formations d’état ». Il s’agit des actuels Brevets Professionnels de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport (BPJEPS). Viennent ensuite les « formations fédérales » qui sont nombreuses et variées : qualifications de moniteurs fédéraux, d’initiateurs de disciplines (VR, Freefly, PA/Voltige…), de directeurs techniques (DT), de formateurs de cadres techniques (FCT) ou, encore, formations de juges. La troisième et dernière catégorie englobe les Certifications de Qualification Professionnelle (CQP) qui permettent, respectivement, de se former à un métier spécialisé : plieur de parachute de secours, réparateur de parachute, moniteur de soufflerie, technicien de soufflerie (TCS)…

Ce contrat de développement concourt également à l’obtention des financements pour la promotion de nouvelles pratiques, le Handifly et tous les projets d’inclusions sociales.

« En plus de ces contrats, il y a toutes les politiques fédérales à déployer et la gestion des organes déconcentrés, à savoir les ligues et les comités. Il existe une procédure et une commission d’attribution concernant l’octroi de subventions aux clubs, comités et ligues.»  

Des projets d’envergures sont également développés concernant les violences sexistes et les luttes contre toutes les formes de discriminations.

Selon le DTN, « le spectre de mes interventions est très large. En tant que représentant de l’État, je dois veiller à la bonne utilisation des fonds publics et mettre en œuvre la politique sportive et le développement fédéral au sein des structures ».

Le Directeur Technique National doit également superviser les échanges avec la Direction Générale de l’Aviation Civile concernant les directives aériennes européennes et l’utilisation de l’espace aérien.

Zoom sur la relation FFP et Armée

Chaque année, une convention de partenariat est rédigée entre la FFP et le Centre National des Sports de la Défense au sujet des sportifs de haut niveau engagés dans l’armée et la gendarmerie.
Cette convention définit les engagements pris entre le Centre National des Sports de la Défense et la FFP pour accompagner le développement des disciplines, notamment dans la coopération au projet de performance des parties, le soutien à l’insertion sociale et professionnelle et à la reconversion des SHND (Sportifs de Haut Niveau de la Défense), la coopération technique et scientifique et la formation, le soutien à la réinsertion par le sport des militaires blessés ainsi que la communication et l’évènementiel.

Zoom sur le développement durable 

« Nous nous sommes engagés, en plein accord avec les orientations ministérielles, à réaliser un bilan carbone. Nous collaborons avec un cabinet de conseil qui nous assiste dans sa réalisation, impliquant l’ensemble de nos structures. Une étude sera conduite pour évaluer l’impact des sauts en parachute,…. mais pas seulement. Elle englobera tout autant la partie aviation, que la gestion de l’avion, les déplacements des licenciés, la consommation énergétique des locaux, et tout ce qui touche de près ou de loin aux dépenses énergétiques de la structure… ! C’est un travail conséquent et la collecte des données est assez impressionnante ; le groupe de travail environnement, et notamment Isabelle Deschamps, travaille en lien avec les structures sur ce projet d’envergure.» précise le Directeur Technique National.

Une convention avec l’association AéroBioDiversité a également été signée dans le but de préserver la biodiversité sur l’ensemble des aérodromes, lieux de pratique traditionnels du parachutisme. Des scientifiques dédiés à cette mission oeuvrent de concert avec les bénévoles des structures afin de répertorier les espèces dans des zones vertes dédiées et délimitées.

Le Directeur Technique National, pierre angulaire fédérale

« Le Directeur Technique National est au carrefour de toutes les problématiques de la Fédération. Bien sûr, afin de m’épauler sur ces divers sujets, je m’appuie sur une équipe de cadres techniques et d’élus qui possèdent des compétences juridiques et aéronautiques. Le fait que le président de la FFP, Yves-Marie Guillaud, soit avocat, est une vraie plus-value, notamment sur le sujet de la réforme des statuts fédéraux. »

Zoom sur les formations et la reconversion des sportifs de haut niveau

Afin de soutenir et d’accompagner le processus de reconversion chez les sportifs de haut niveau, la Fédération instaure nombre d’actions. Les SHN ont notamment droit à un allègement pour les tests d’entrée concernant les BPJEPS. Puis ils suivent le cursus classique afin de valider tous les modules pédagogiques nécessaires. Outre cet allègement à l’examen d’entrée, les SHN peuvent d’aides financières via la Fédération pour le financement de leurs diplômes (BPJEPS ou CQP).

Au sein de la Fédération, Sophie Boulongne est référente du suivi social des sportifs de haut niveau. Avec l’aide de Jean-Michel Poulet, elle accompagne et informe les SHN. Il existe un « statut de reconversion » lors de projets de reconversion incluant une formation accompagnée d’aides financières. Mais il est tout autant possible de réaliser des bilans de compétences, etc

« Les SHN savent qu’il y un cadre technique dédié à leur suivi, et moi-même. Nous sommes là pour les conseiller, les accompagner et leur présenter les différents dispositifs à leur disposition » souligne Jean-Michel qui tient à mieux faire connaître ces opportunités.

Dans ce champ du suivi social se trouve également un volet concernant les Conventions d’Insertion Professionnelle (CIP) et les Conventions d’Aménagement d’emploi (CAE). Ces dispositifs, gérés via l’ANS, autorisent l’employeur et la Fédération de trouver et d’allouer des financements pour offrir à l’athlète de s’entraîner et de participer aux compétitions tout en étant rémunéré. « Un dossier complet est créé avec les correspondants de haut niveau régionaux basés dans les CREPS. Il y a une négociation entre l’Agence Nationale du Sport, l’entreprise et moi-même afin de trouver des financements pour que le sportif ne subisse pas de perte de salaire. Les aménagements d’emploi concernent également les athlètes du Bataillon de Joinville. Les sportifs au sein du bataillon sont mis à disposition par l’armée et sont les seuls athlètes professionnels au sein de la FFP. Ils sont parachutistes à temps complet. »

Zoom sur la soufflerie et la reconnaissance des disciplines de haut niveau

La reconnaissance des disciplines de haut niveau s’effectue à la fin de chaque Olympiade.

« Lors de la dernière Olympiade nous n’avons pas réussi à faire reconnaitre la soufflerie comme discipline de haut niveau, car elle était trop récente et n’avait pas d’antériorité. Il est nécessaire que quatre championnats du monde soient réalisés avec la participation d’un certain nombre de nations dans une discipline. C’est la même chose pour la Wingsuit. Ces deux disciplines ne sont pour le moment, pas reconnues de haut niveau ». C’est aussi l’une des missions du DTN de travailler, en ce sens, afin de promouvoir les disciplines vers le haut niveau. Une mission difficile puisque les critères évoluent tous les quatre ans et sont de plus en plus complexes. Il faut noter que la reconnaissance de haut niveau constitue une véritable plus-value puisqu’elle permet d’obtenir des financements pour les équipes de France et pour les pôles, tout en débloquant en parallèle tous les dispositifs de suivi social (CIP, CAE, …).

Affaire à suivre donc…

Un mot pour la fin ?

Pour Jean-Michel Poulet « l’essentiel est d’être entouré d’une équipe compétente et de s’investir à 100% dans les missions qui nous sont confiées ».

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