12 janv. 2023 - Actualités - WhoIsWho

Pascale Dumarcet, sportive engagée et passionnée

Pascale Dumarcet est née en région parisienne, un peu par hasard ! Issue d’une famille de militaire, ses parents déménageaient tous les deux ans en raison de leurs situations professionnelles. A 15 ans, alors que, dans ce périple planétaire, elle se trouve à Dakar avec sa famille, elle aperçoit des infirmières de l’ETAP sauter d’un Noratlas avec des parachutes hémisphériques. Pour Pascale, c’est la révélation ! Elle souhaite s’initier à la pratique, à un détail près : elle ne veut pas s’engager dans l’armée alors qu’elle croyait (comme beaucoup d’ailleurs) que les deux étaient liés. Rassurée en ce sens par son père, Général et parachutiste dans l’armée de terre, elle décide d’attendre leur retour en France pour se lancer dans l’aventure.
Après Dakar, direction la Bretagne. Déterminée, Pascale s’inscrit au paraclub de Vannes afin de débuter son apprentissage du parachutisme. Déception !! En 1980, l’âge requis pour faire de la chute libre est fixé 17 ans. C’est compter sans la passion qui la porte depuis tant de mois. Elle s’arme de patience, suit toutes les formations théoriques au sol, l’apprentissage des roulés-boulés et le pliage de voile. Le 22 février 1981, jour de ses 17 ans, c’est la concrétisation !!! Plus que prête et motivée, elle monte dans l’avion et, cette fois, elle saute !
Quatre mois plus tard, en juin, une sélection pour les championnats de France de Précision d’Atterrissage/Voltige se déroule au club de Vannes. « Noël Hardouin, responsable de l’école, m’explique que ces journées sont dédiées aux compétiteurs et que je ne pourrais pas sauter » se remémore Pascale. Emportée par son envie, compétitrice dans l’âme et toujours aussi passionnée, il n’est pas question de perdre la moindre miette d’un weekend de pratique. Au culot, elle décide de participer aux sélectives, dans la catégorie junior. Après seulement 4 mois de parachutisme, rappelons-le. Le courage n’attend pas le nombre des années 😊. Pascale obtient les scores nécessaires et gagne sa place pour les championnats. Elle va même se classer 5ème lors de ces championnats de France Précision d’Atterrissage/Voltige, à Vichy, en août, face à une dizaine de compétiteurs junior bien plus aguerris qu’elle.

Un an plus tard, en ayant engrangé un peu plus d’expérience, elle est à nouveau sélectionnée pour disputer les championnats de France, aux côtés de Yannick Hardouin, lui aussi licencié à Vannes. A eux deux, ils raflent tous les prix ! C’est la consécration en août 1982. Un an et demi seulement après son premier saut, Pascale devient championne de France junior en Précision d’Atterrissage, en Voltige, et au combiné.
Jeune prodige ? Surtout sportive engagée et assidue. Ces résultats vont l’amener à intégrer l’équipe nationale de PA alors qu’elle poursuit, en parallèle, ses études en prépa (maths sup, maths spé). Tout ce qui touche à l’aéronautique la passionne. Dès qu’elle obtient son concours, elle intègre l’école d’ingénieur ENSICA, à Toulouse. Mais, là, grande déception : elle s’aperçoit qu’il existe de nombreuses sections sportives au sein de l’école, mais pas de parachutisme. Elle n’existe pas ? Elle va la créer ! Elle contacte le directeur, qui lui avait déjà accordé plusieurs absences du fait de ses engagements avec l’équipe de France de PA, et insiste pour créer une section parachutisme. Convaincu de l’importance du sport dans un cursus scolaire ou universitaire, il acquiesce. A l’ENSICA, la section para a attiré, depuis, plusieurs grands champions tels que Stéphane Millet, Aurélien Lemaire, …
Le parachutisme dans la peau ? Même plus… Après l’obtention de son diplôme, Pascale postule chez Aerazur, entreprise de conception de matériel aéronautique. Embauchée en tant qu’ingénieur, elle est en charge de deux projets relatifs à la conception de parachutes ; l’un sur des parachutes à grande finesse pour les militaires de l’ETAP, et l’autre sur des parachutes « ailes » de type école. Afin de mener à bien les essais en vol, passer la qualification de parachutiste professionnel et tandem apparaît comme une évidence. Sa fierté ? Elle modélise la toute première aile elliptique et fera elle-même les essais en vol de son premier “bébé”.
Dans les airs, Pascale « se sent vivante ». Son envie de toucher le ciel de plus près la pousse à devenir pilote de ligne. Après deux années chez Aerazur, elle participe à des entretiens chez Air France. Début de l’été 1990, elle apprend qu’elle est admise en formation…. et sélectionnée pour les championnats du monde de PA/V. « Cela a été une fissure mentale, pour moi … Pour Jean Dermine, entraîneur national, je n’avais pas à hésiter entre une carrière de pilote de ligne et un championnat du monde ; mais la décision n’en restait pas moins douloureuse ! » exprime Pascale. Déçue mais toujours motivée, elle laisse sa place pour les championnats du monde et débute la formation de pilote de ligne, en région parisienne.
Arrive la guerre du Golfe en 1991. Air France met en place un plan de rigueur signant l’arrêt de toutes les formations en cours. « Après deux ans et demi de sacrifice, l’arrêt de la compétition… c’est une déception encore plus immense pour moi. Sans emploi, je reprends ma casquette d’ingénieur. Grâce au réseau des anciens élèves de l’ENSICA, j’intègre la SAGEM, qui souhaite rénover le système de navigation du Transall de l’Armée de l’Air ».

Pascale va reprendre le parachutisme, en loisir, s’essayer au Vol Relatif. Elle se lance également dans le jugement de PAV et passe sa qualification au Bataillon de Joinville, à Fontainebleau. En parallèle, Pascale accompagne régulièrement, son mari, Frédéric Ciccione, juge en Vol Relatif. Lors des compétitions, elle compile les résultats, diffuse les classements et, surtout, s’intéresse de plus en plus au jugement de la discipline. Après plusieurs échanges avec Monique Lenotte, chef juge en VR, elle décide de passer cette qualification! Qualification obtenue et toujours portée par l’esprit de compétition, Pascale souhaite juger au plus haut niveau. Qu’à cela ne tienne ! Elle obtient la qualification de juge international en VR.

Lasse de la vie parisienne, elle postule, fin 2000, chez Liebherr Aerospace et déménage, avec sa famille, à Toulouse. Puis en 2006 elle rejoint Airbus et là, quelques années plus tard, elle a la chance de pouvoir sauter de l’A400M avec Tom Enders. Fière d’être  “la 1ere femme à avoir sauté de cet avion mythique pour les parachutistes. Une belle opportunité offerte par mon employeur”. Elle va en profiter pour faire son retour dans la compétition en PAV. Bien qu’elle ne s’entraîne pas de manière intensive, elle complète les équipes, et continue de pratiquer régulièrement. Cela conduira Patrice Girardin, responsable de la Précision d’Atterrissage/Voltige pour la fédération, de lui proposer de réintégrer le collectif France et de renouer avec le haut niveau. « J’avais 50 ans. C’était un sacré défi.  Je me suis donné deux ans pour voir si j’arrivais à remonter au niveau international » évoque-t-elle. Après quelques semaines d’entraînements, elle réintègre le collectif PAV, souvent en tant que remplaçante, afin de privilégier les plus jeunes. Et ces entraînements portent leur fruit. En 2021, elle est sélectionnée pour participer aux championnats du monde PAV à Tanay, en Russie. Le mois de juillet lui est fatal. Un mois avant le début de la compétition, elle se fracture la cheville. Remplacée par Laura Jaguelin, qui devait concourir dans la catégorie « junior », Pascale voit à nouveau son rêve lui échapper. Impensable d’en avoir été si proche et de le voir s’éloigner à nouveau. Déterminée, elle met tout en œuvre pour se remettre de sa blessure le plus rapidement possible. Après un été de challenge, de rééducation et une hygiène de vie irréprochable, elle est apte, en septembre, à disputer les championnats de France à Agen. Sa ténacité porte ses fruits puisqu’en 2022, elle est à nouveau intégrée dans le collectif France, en tant que remplaçante. Combative, Pascale s’investit pleinement dans la pratique et s’entraîne de manière intensive, en parallèle de son activité professionnelle. Déterminée à faire rayonner le collectif féminin, elle œuvre également pour trouver des sponsors, notamment Airbus, son employeur. Finalement, en juin dernier, Jacques Baal, convaincu par ses résultats, fait le choix de la réintégrer au sein du collectif français, en tant que titulaire, pour les championnats du monde 2022. Elle atteint son Graal !

Ces championnats du monde la marquent profondément : « C’était une compétition assez compliquée, car les deux premières manches ne représentaient pas le réel niveau technique de l’équipe. Jusqu’à la sixième manche, nous étions à la troisième place du classement ». Cette sixième manche marque un vrai tournant pour le collectif féminin qui, dans des conditions aérologiques très compliquées, réalise une manche quasi-parfaite qui les ramène en pole position mais avec une très courte avance. « Déborah fait 1cm, Steph suit : 1 cm et Léo également. Adeline fait 02, ce qui affiche déjà  un super score pour la manche, qui plus est dans ces conditions apocalyptiques. Et moi … je finis sur un carreau !! ». L’émotion est encore là, palpable, des semaines après. Encore 2 manches où on n’a rien lâché et conforté notre 1ere place. « La dernière manche est un peu paradoxale : je suis la dernière à atterrir, saut compliqué et mal géré, je réalise une contre-performance, mais tout le monde applaudit parce que nous finissons championnes du monde ! Là, c’était juste magique et hors du temps ! ».

Comme un clin d’œil, Pascale est sacrée championne du monde, 40 ans après sa victoire en championnat de France.
Et maintenant ? « Je veux œuvrer pour la Précision d’Atterrissage et la Voltige. C’est dans mon ADN. Ces disciplines demandent beaucoup de sauts, d’entraînements, d’abnégation, d’investissement avant de pouvoir réaliser de belles performances. Mais lorsque l’on atteint le niveau que l’on s’est fixé,… c’est vraiment le bonheur ! », conclut Pascale en souriant.

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