28 nov. 2021 - #WindtunnelHandifly

479 -Dossier de presse – Journées de tests sur les formats de compétition en soufflerie 29 & 30 novembre 2021 à Zer0gravity, Chasseneuil(86)

Journées de tests sur les formats de compétition en soufflerie

Le 29 et le 30 novembre 2021, la Fédération Française de Parachutisme investira ZerOGravity, première soufflerie ISG en France récemment installée sur le site du Futuroscope à Poitiers (86) pour le déroulement des journées de tests sur les formats de compétition en soufflerie. Ce sont des journées de recherche, dont l’objectif est d’expérimenter en vue d’une intégration de la soufflerie dans les programmes olympiques et paralympiques, de permettre une évolution des formats pratiqués sur les compétitions régionales, nationales et internationales, indépendamment des perspectives olympiques et paralympiques, et de constituer un premier test de compétition, pour la partie Handifly, dans le cadre du projet #WindtunnelHandifly porté par la Fédération Française de Parachutisme.

Ces deux journées clôturent un cycle de quatre années de montée en puissance d’épreuves potentiellement olympiques et paralympiques. Elles étaient initialement conçues pour réunir sportif de haut niveau et compétiteurs de demain afin de présenter la candidature d’une discipline additionnelle à Paris 2024. Au fil des mois, et malgré le refus du comité olympique, elles sont devenues pour les représentants fédéraux, un formidable outil de développement. L’opportunité de concevoir puis de les voir en situation, améliore, modélise et duplique désormais sur les circuits des compétitions françaises et mondiales, a été un atout fondamental dans le déploiement de certaines disciplines comme le Dynamic 2-way et le Dynamic 4-way. Ce projet a dès lors pu agréger un autre projet visionnaire, expérimenté depuis près de dix ans par la Fédération Française de Parachutisme : l’accès à la discipline aux personnes en situation de handicap.

Après les stages de parachutisme Handifly coorganisés en 2013 et 2014 avec l’ASM, le premier Handifly Euro Challenge Handifly avait été déployé avec 13 pays inscrits grâce à l’appui des fonds européens. Quatre ans après, face à  1145 candidatures, la Fédération Française de Parachutisme a été sélectionnée pour recevoir un financement de 498.550€ dans le cadre du programme européen Erasmus+ Sport 2020 et permettre au projet « Handifly » le développement du vol en soufflerie en faveur des personnes en situation de handicap.

LA GENESE DU PROJET

Depuis de nombreuses années, la Fédération Française de Parachutisme ouvre la pratique du parachutisme aux personnes en situation de handicap. Pilote du projet, la FFP n’imaginait pas l’impact potentiel du Handifly il y a encore quelques années. Au commencement, elle espérait trouver des relais et appuis européens ; finalement, c’est dans le monde entier que l’engouement s’est disséminé. Le HandiFly, c’est cette capacité nouvelle qui s’offre aux personnes à mobilité réduite d’accéder au rêve d’Icare, « voler » ; en chute libre tandem, en chariot sous voile, ou encore en solo dans une soufflerie. La Fédération Française de Parachutisme, avec conviction et engagement, a été précurseur en organisant les premières compétitions Handifly européennes et mondiales.

En 2016, le HandiFly Euro Challenge a constitué une première mondiale sur l’aérodrome de Lille-Bondues (59). Durant quatre jours de compétition, un peu plus de 100 participants, venus de 13 pays, avaient investi l’aérodrome de Bondues et la soufflerie de Weembi, pour réaliser des sauts en tandem, des vols ascensionnels et en soufflerie. Il s’agissait d’un challenge unique en son genre où pouvaient concourir des parachutistes handisports européens dans des conditions optimales.

Alors que la pratique du HandiFly était très limitée en dehors du territoire français, la Fédération Française de Parachutisme a souhaité organiser un événement d’envergure européenne, pour impulser un élan et inciter d’autres fédérations et structures à développer cette pratique. Au-delà d’une compétition, il s’agissait également d’un moment de partage, de transmission et de coopération entre les différents pays.

« Initié et démarré par la France en novembre 2020, le #WindtunnelHandifly poursuit son déploiement national et européen. Avec une date de clôture au 31 octobre 2022, ce projet exceptionnel a été sélectionné par l’Union Européenne pour devenir un modèle d’inclusion par le sport. Il permet, entre autres, la gratuité des vols de découverte pour des personnes en situation de tous types de handicaps (physique, sensoriel, intellectuel) mais également de formaliser les contours d’une discipline en plein essor. Lancés auprès de 12 partenaires français et européens, près de 3.000 vols ont déjà été réalisés sur un objectif de 9.000 !

Pour donner du relief au programme de développement et lui donner une dimension mondiale, une première compétition mondiale de soufflerie pour les personnes en situation de handicap, est aussi prévue du 18 au 21 mai 2022 : le #HandiflyRace. 90 compétiteurs, en provenance de 25 pays, sont attendus à iFly Aix-Marseille.

En amont, des journées tests comme celle de Poitiers ou Prague, en janvier 2022, sont organisées. Cela est nécessaire pour tester le parcours de compétition qui sera ensuite déployé au #HandiflyRace. Le deuxième objectif est de mettre à l’épreuve le kit laser de jugement et les procédures de classification. Enfin, les vols accomplis conduiront à présélectionner les compétiteurs aptes à réaliser le parcours en mai 2022 et à représenter la France, face aux autres nations. » Jérôme DAVID, coordinateur du projet pour la Fédération Française de Parachutisme

LE #WINDTUNNELHANDIFLY : UN PROJET HORS NORME ET SANS FRONTIERE :

En Europe, le développement des activités physiques et sportives en faveur des personnes en situation de handicap (PSH) est un angle d’intérêt général. Pour le Comité Olympique International, il s’agit d’un droit fondamental de l’être humain. Pour le dispositif Erasmus+Sport de l’Union Européenne, il s’agit d’une cible prioritaire.

En 2016, le HandiFly Euro Challenge, conduit par la Fédération Française de Parachutisme (FFP), primé aux #2019Beinclusive EU Sport Awards, a posé les bases du parachutisme en chute libre accompagnée pour des PSH moteur. Lors de ces prémices, la Fédération Française de Parachutisme avait observé que le vol en soufflerie était un moyen idéal pour permettre à toutes les personnes, quel que soit leur handicap, d’accéder au plaisir de la découverte du vol puis d’évoluer, rapidement, vers une pratique en autonomie.

Dans une activité où tout demeure encore à inventer, le projet #WH ambitionne de contribuer à l’égalité des chances tout en constituant, pour l’Union européenne, un symbole médiatique moderne et exemplaire de sa politique d’inclusion sociale.

Le projet s’articule autour d’une double mission :

  • #WH Program : La conduite d’un programme de développement de masse du vol par les PSH au travers d’un réseau européen de souffleries et d’organisations dont le but sera d’innover, d’expérimenter puis de disséminer les bonnes pratiques en vol de découverte accompagné, en progression solo, puis en compétition autonome. Initialement prévu du 1er novembre 2020 au 31 octobre 2021. Cette période a été étendue d’1 an en raison de la situation sanitaire. Ce programme se répartit entre une partie dédiée à des vols gratuits de découverte (3 par personne) et une partie dédiée à des vols de progression et d’entraînement à la compétition conduits dans les souffleries partenaires française et étrangères.
  • Journées Test #1 : le 30 Novembre 2021 à Poitiers. 1er test de compétition dans le cadre de la journée FFP sur les formats de compétition en soufflerie.
  • Journées Test #2 : 2ème test de compétition à Hurricane Factory Prague (République-Tchèque) le 20 Janvier 2022.
  • #WH Event : L’organisation en France de la première compétition mondiale de HandiFly en soufflerie. Au cœur du projet, cet évènement sera un tremplin qui permettra une dissémination dans le monde entier.

Sur l’ensemble du projet,  15 souffleries européennes réaliseront plus de 9.000 vols de découverte. Plus de 1.000 Personnes en Situation de Handicap (PSH) bénéficieront du programme. 90 compétiteurs issus de 25 pays différents seront accueillis lors de l’évènement mondial.

LES GRANDES ETAPES – DE LA PRATIQUE A LA COMPETITION

  • 2013 et 2014 : organisation des stages « Parachutisme et Handicap » à l’aérodrome de Vichy-Charmeil (03), en partenariat avec l’ASM, club sportif auvergnat centenaire, afin de mettre en lumière l’accessibilité de ce sport aux personnes à mobilité réduite. La Fédération a contribué à la création d’un chariot ascensionnel qui offre la possibilité d’une pratique soit accompagnée, soit en solo.
  • 2014 : le premier championnat de France para handisport, sur l’aéroport de Vichy-Charmeil (03). Une initiative unique à l’échelle mondiale. Il s’est poursuivi depuis, et se déroule, chaque année,  au sein des championnats de France toutes disciplines.
  • 2015 : La naissance d’une épreuve de voltige handisport en parachutisme. Elle consiste en un saut tandem à 4000 mètres de hauteur. L’accompagnant – moniteur spécialisé – laisse un total contrôle au « performer » pour réaliser quatre tours (manœuvre de rotation de 360° dans le plan horizontal). La performance est filmée en direct par un autre parachutiste, le vidéoman. La vidéo est en effet essentielle pour que les juges puissent évaluer les sauts. Cette discipline favorise donc l’autonomie du participant dans la réalisation de sa performance.
  • 2016 : le premier challenge européen HandiFly, initié par la Fédération Française de Parachutisme, et co-financé par l’Union Européenne (programme Erasmus +). Ce challenge avait réuni 13 pays et 36 compétiteurs.
  • 2017 : suite au premier challenge européen HandiFly, la Fédération Française de Parachutisme a impulsé une dynamique internationale. Un deuxième HandiFly International Challenge s’est déroulé à Minsk, en Biélorussie, sous l’égide du Ministère des Sports et du Tourisme Biélorusse. 2017, fut également l’année où la décision d’organiser un stage d’entrainement pour les représentants français de la voltige tandem Handifly, à l’instar des équipes de France de parachutisme, a été prise par la fédération.
  • 2018 : la troisième édition du HandiFly Euro International Challenge, à Moscou, en Russie a été organisée. La délégation française était composée de 32 personnes, dont 8 compétiteurs, 8 moniteurs et 8 vidéomen. Un premier stage d’entraînement les avait réunis, en avril, avec l’objectif d’augmenter leurs performances et de sensibiliser et former les moniteurs ascensionnels à la spécificité du public handisport.
  • 2019 : Le HandiFly International Challenge 2019 s’est tenu à l’aérodrome d’Evora, au Portugal. Une délégation française de 10 compétiteurs, 6 moniteurs et 4  vidéomen était de la partie.
  • 2020 : Le projet #WindtunnelHandifly est sélectionné par la Commission Européenne pour Erasmus+ SPORTS. Après le parachutisme, c’est désormais vers la soufflerie que la fédération entend se tourner afin d’impulser une pratique de masse mais aussi de proposer un format de compétition permettant une pratique 100% autonome par les personnes en situation de handicap.

Tout savoir sur les différentes disciplines du HandiFly :

  • Le saut en parachute tandem

Il s’agit de la discipline la plus répandue car la plus facile à mettre en œuvre. La personne en situation de handicap se retrouve en tandem avec son moniteur, neutre, et larguée par un avion. Le but est alors de réaliser des figures et d’assurer un atterrissage précis. Le rôle du moniteur valide est fondamental dans la sécurité de l’ensemble.
Une combinaison spécifique HandiFly est nécessaire afin de relier les jambes de la personne à mobilité réduite à celles du moniteur pendant la chute libre et d’immobiliser les jambes en hauteur pendant la phase d’atterrissage. Le fait de pouvoir neutraliser les jambes est un gage indispensable de stabilité du tandem pendant la chute libre et de sécurité durant l’atterrissage.
Le skybag (dispositif gonflable de sécurité de type airbag) permet un atterrissage en douceur en parachutisme, notamment dans les situations de faible vent.

  • Le vol ascensionnel en tandem

Le vol ascensionnel en tandem est réalisé grâce à un chariot tracté par un véhicule ou un treuil au sol. Le parachutiste va être amené à une hauteur maximale puis le câble de traction sera libéré et déclenchera le début du vol. Le pilotage s’effectue par le compétiteur handisport sous contrôle d’un moniteur valide. Un chariot HandiFly (en version biplace ou monoplace) est indispensable pour les vols en ascensionnel. L’envol nécessite l’utilisation d’une voile ascensionnel biplace spécifique.

  • Le vol en soufflerie

La soufflerie représente une opportunité prodigieuse pour découvrir le plaisir incomparable déclenché par les sensations d’un vol en solo. Elle n’en est pas moins sans risque pour le compétiteur qui peut être violemment projeté sur les parois. La maitrise de son corps et de l’espace sont importants puisqu’il faut réaliser des figures, porté par le souffle de puissants moteurs. La vitesse du vent peut aller jusqu’à 250 km/h. Dans ces conditions, le sportif se retrouve seul, en chute libre simulée, mais avec l’assistance de proximité d’un moniteur. La mise au point d’orthèses de jambes permettant de faciliter le vols des personnes en fauteuil est un des axes forts du projet.

LES PARTENAIRES

Sur le #WH Program, des partenaires conventionnés avec la Fédération Française de Parachutisme bénéficieront de moyens importants afin de conduire le programme.

Des souffleries partenaires françaises :

  • Aérokart (Paris) : Pionnier de la chute libre dans l’Hexagone, AEROKART propose, depuis 2002, de vivre les mêmes sensations qu’un parachutiste en plein vol grâce à son système de soufflerie qui propulse au milieu de vents allant de 0 à 280 km/h. Créé à l’origine pour des essais dans l’aérospatial, AEROKART a pensé et adapté ce concept afin de rendre la chute libre accessible à tous. Toujours dans cette optique, en 2004 le complexe sportif ouvre l’activité aux handilflyeurs et permet ainsi aux personnes en situation de handicap de découvrir les plaisirs du vol en soufflerie. Aujourd’hui, AEROKART c’est près de 30.000 heures de vol et plus de 700.000 vols au compteur. Informations sur : www.aerokart.com – tel. : 01 30 25 71 90 – 199-203, Route de Pontoise – 95100 Argenteuil
  • Weembi (Lille) : WEEMBI s’est toujours voulu comme la garantie de vivre en famille ou entre amis un moment de liberté intense en toute sécurité. Le simulateur – le plus large au monde – rend accessible à tous, et sans danger, la plus extrême des disciplines : la chute libre. Développé par trois champions du monde issus de l’univers du parachutisme, la chute libre au simulateur Weembi devient désormais un sport à part entière qui peut être pratiqué au coeur de la métropole Lilloise, à Lesquin. Informations sur www.weembi.com – info@weembi.com – tel. 03 74 09 00 00 – 730, rue Maurice Herzog – 59810 Lesquin.
  • iFLY Lyon : iFLY Lyon, centre de chute Libre indoor, s’implante en France avec l’ouverture de sa 53ème soufflerie le 15 juin 2016. Il aura fallu plusieurs mois de travail et de passion pour que l’aventure iFLY débarque à Lyon. Un complexe unique qui a soufflé cette année sa 5ème bougie, A son compteur, l’organisation de The Clash Of Lyons, d’un championnat de France et d’une coupe de France. Informations sur www.iflylyon.fr – info.lyon@iflyworld.com – tel. 04 82 90 34 70 –  48, Ancienne Route de Grenoble – 69800 Saint-Priest.
  • iFLY Aix-Marseille : iFLY, c’est avant tout la promesse d’une expérience sensationnelle, unique en son genre : rendre le rêve du vol à portée de tous ! La soufflerie iFLY Aix-Marseille, située à Bouc-Bel-Air (13), a été inaugurée en septembre 2019 et accueillait, en 2020, le championnat de France de vol en soufflerie dans son tunnel de 13,5 mètres d’hauteur (5,5 m de verre) et 4,3 mètres de diamètre.Informations sur www.iflyaixmarseille.frcontact@iflyaixmarseille.fr – tel. 04 65 07 09 60 – Avenue des Chabauds – 13320 Bouc-Bel-Air.
  • iFLY Paris : Avec son spectaculaire tube de verre de 14m de hauteur et son atrium ouvert sur tous les balcons du centre commercial et de loisirs Vill’Up (Parc de La Villette), cette soufflerie d’un diamètre de 4m30 est le site emblématique d’iFLY ! Rappelons-le, iFLY Paris est la toute première soufflerie sportive dans Paris intramuros. Informations sur www.iflyfrance.com – tel. 01 80 49 94 00 – 30, Avenue Corentin Cariou – 75019 Paris.
  • Zerogravity Futuroscope Poitiers : ZerOGravity, située aux portes du Futuroscope, est la dernière-née des souffleries sportives françaises, et la première en Nouvelle Aquitaine. Ouverte en 2020, son ambition est double : faire découvrir le vol humain à un large public et développer le volet sportif en permettant aux parachutistes et spécialistes du vol en soufflerie de se perfectionner. Crée par des parachutistes, animé par une équipe de passionnés, ZerOGravity a fait sienne la devise d’Antoine de Saint-Exupéry : « Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité ». Informations sur  zero-gravity.fr. Informations sur www.zero-gravity.fr – tel. 05 49 13 13 13 – 2 Bis, Avenue du Futuroscope, 86360 Chasseneuil-du-Poitou.

Des souffleries (et/ou organisations) partenaires étrangères :

L’objectif est de regrouper au minimum 9 pays européens sur le projet, en plus de la France. 7 partenaires sont conventionnés à ce jour :

LES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP (PSH)

Sur le plan technique, il existe trois stades progressifs :

  • Le vol de découverte accompagné et tenu (stade 1) correspond aux premiers vols. C’est le début de l’apprentissage.
  • Ensuite, vient le vol solo accompagné et lâché (stade 2). L’accompagnement y est lié à la nécessité de maintenir une sécurité durant le vol.
  • Enfin, le vol autonome (stade 3), qui ne nécessite plus la présence de moniteur en vol, mais qui peut, dans certains cas, requérir une aide pour l’entrée et la sortie dans la veine d’air.

Le #WH Program s’adressera à des pratiquants des stades 1, 2 et 3.

Les catégories de handicaps ciblées et éligibles correspondent aux 10 déficiences définies dans la norme internationale du Comité international paralympique (CIP), plus la surdité sévère : Impaired Muscle Power – Impaired Passive Range of MovementLimb DeficiencyLeg Length DifferenceShort StatureHypertoniaAtaxiaAthetosis – Vision ImpairmentIntellectual Impairment – Severe Hearing Impairment. (Tous les détails : https://www.ffp.asso.fr/wp-content/uploads/2021/03/WHImpairmentsList.pdf)

Pour la compétition du #WH Event, les catégories et minimum de handicaps éligibles sont définis dans le règlement de l’épreuve (annexe 1) et s’adresse uniquement aux pratiquants de stade 3.

Les listes des catégories de handicaps acceptées dans le projet #WH sont à retrouver sur le site internet. (https://www.ffp.asso.fr/wp-content/uploads/2021/10/ANNEX-1-Eligible-impairments.pdf)

LES SIX ENJEUX EXPERIMENTAUX DU PROGRAMME

Soutenu dans le cadre du concours Erasmus+ Sports par la Commission de l’Union Européenne, le projet #WH ambitionne de contribuer à faire avancer la pratique HandiFly en soufflerie par les personnes en situation de handicap (PSH) au travers de 6 enjeux expérimentaux.
Pour certain de ces objectifs, les travaux sont d’ores et déjà un succès.
Pour d’autres, le chantier est en cours …

1. Expérimenter, partager et diffuser les bonnes pratiques d’encadrement des PSH
Les questions soulevées par le thème de l’encadrement sont multiples. Elles commencent dès l’accueil des PSH, puis se déclinent sur les méthodes de prise en charge technique :

  • Quelles spécificités doit-on prendre en compte par rapport aux publics valides ?
  • Quels équipements spécifiques doit-on prévoir et comment les gérer ?
  • Doit-on élargir le nombre d’encadrants requis ?
  • Doit-on former les moniteurs en vol d’une manière différente et/ou intégrer des modules de spécialisation dans leurs qualifications ?
  • Si oui, et sachant que sur le plan international plusieurs systèmes de qualification d’encadrement cohabitent, faut-il harmoniser une qualification unique ou bien, plutôt, définir des savoir-faire qui constitueraient un tronc commun ?
  • Enfin, sur un plan purement technique, quels sont ces petits détails d’exécution dans la gestion des vols, ces petits conseils façonnés au fil des expériences, qui peuvent faire la différence ?

La professionnalisation de l’encadrement est, en effet, l’un des enjeux sous-jacents du projet. Favoriser celle-ci par des travaux majeurs en amont d’un processus réglementaire coïnciderait avec l’objectif d’harmonisation conduit par la politique de l’Union européenne.

Particulièrement dédié aux expérimentations, le projet prévoit des échanges spécifiques entre les experts des différentes souffleries.

« Un groupe de discussion permanent entre les différents responsables des souffleries partenaires  est en place depuis plusieurs mois. Un tutoriel video répertoriant les bonnes pratiques du #WindtunnelHandifly  a d’ailleurs vu le jour. (https://www.youtube.com/watch?v=w8a7WKVPlc8&t=5s)
Maxime Granier, vainqueur des éditions 2018 & 2019 du HandiFly Euro Challenge, effectue, dans le cadre de ses études en STAPS, un stage à la FFP. L’une de ses missions consiste à travailler sur la rédaction d’un guide d’accueil des publics handicapés dans les établissements.»
Jérôme DAVID, coordinateur du projet pour la Fédération Française de Parachutisme

2. Définir les conditions médicales d’aptitude à la pratique par les PSH

La question de savoir dans quels cas refuser de délivrer un certificat d’aptitude médicale à la pratique fait partie des travaux qui sont menés. Actuellement, aucune recommandation internationale officielle n’existe.
En parachutisme et en vol ascensionnel, le projet Handi Fly Euro Challenge de 2016 a permis d’avancer sur le sujet. Un bulletin officiel de recommandations médicales a été émis à l’occasion des challenges de voltige HandiFly en tandem organisés en 2016, 2017, 2018 et 2019.

En France, tous les sauts et vols ascensionnel effectués par les PSH doivent être préalablement autorisés par la délivrance d’un certificat médical de non contre-indication émanant du médecin fédéral pour les PSH.
De plus, l’aptitude finale au saut est validée après un entretien effectué avec le moniteur tandem titulaire de la qualification fédérale « handi » chargé d’accompagner la PSH.

Les pathologies compatibles avec un saut tandem sont :

  • Déficience d’origine cérébrale : IMC (Infirme Moteur Cérébral) spastique ou athétosique, hémiplégie, AVC (Accident Vasculaire Cérébral), TC (Traumatisme crânien) … ;
  • Déficience d’origine médullaire : paraplégie, tétraplégie, Spina-bifida ;
  • Déficience neuromusculaire : maladies dégénératives (myopathie ou assimilée), sclérose en plaque… ;
  • Déficience ostéo articulaire : malformations osseuses, articulaires, congénitales … ;
  • Etiologie inclassable ;
  • Déficiences diverses : dyspraxie… – Troubles associés : mémoriel, visuel, auditif, langagier, sphinctérien, thermorégulation, zones de douleur…

A priori, certaines autres pathologies sont contre-indiquées : Valve intracrânienne, fragilité osseuse (type Lobstein), tétraplégie haute, atteinte cardiaque grave, drépanocytose, arthrodèse récente, troubles du comportement.

Les handicaps mentaux nécessitent, pour leur part, une observation préalable en soufflerie.

Dans tous les cas, au-delà de ces règles générales, c’est une auscultation individualisée de chaque PSH qui conditionne la délivrance de l’aptitude médicale.
Pour le vol en soufflerie, le présent projet a justement l’ambition de définir les pathologies compatibles et les périmètres d’aptitude.
En permettant notamment une observation le plus large possible ainsi qu’un vaste partage d’expérience.
Pour le lancement du projet, une liste des catégories de déficiences acceptées a été établie ainsi que des recommandations sur les éventuelles contre-indications médicales.
Si l’on pressent déjà quelles pathologies sont acceptables en matière de handicaps physiques et que les travaux consisteront essentiellement à valider l’existant, il n’en est pas de même pour ce qui concerne les déficients intellectuels pour lesquels le projet demeure en chantier. A ce jour, toutes les expériences menées se sont révélées extrêmement positives.
Idem pour les personnes non voyantes qui font régulièrement partie des publics accueillis dans les différentes souffleries partenaires du #WH.
La question de l’âge minimal de pratique est aussi étudiée avec attention. Le vol en soufflerie pour les jeunes enfants PSH peut en effet être un levier important dans leur accomplissement ; leur permettre de grandir dans la pratique d’un sport.
Leur découverte pourra-t-elle, comme pour les valides, être accessible dès l’âge de 5 ans ?
Devra-t-on au contraire prévoir quelques précautions supplémentaires ?
Un bilan sera fait sur l’ensemble de ces questions fin 2022.

3. Expérimenter et perfectionner le matériel individuel de vol pour les PSH

Au cœur du projet, la question de la mise au point de systèmes et de matériels d’assistance des PSH en vol a déjà fait l’objet de plusieurs expérimentations. En 2016, une fausse piste vers des solutions de moulage de coques rigides avait amorcé les recherches. Rapidement, les observations ont permis de se recentrer vers deux autres catégories de solutions actuellement commercialisées :

  • Le harnais intégral canadien nommé « PLM Harness » (photo ci-contre) dont le point fort est l’en cerclage de la partie abdominale, réglable en position cambrée au niveau du bassin, source de grande stabilité.
  • Les orthèses de jambe ajustables tchèques, de type « Flying Orthoses » (photos ci-dessous), utilisées en paire et reliées par une tige de solidarisation des deux jambes. L’avantage de ce système est que l’angle de réglage des jambes est individualisable.

En marge de ces systèmes, dont le nombre d’unités produites à ce jour est extrêmement faible, il existe aussi des « système D » – c’est-à-dire de confection artisanale par les pratiquants eux-mêmes – avec lesquels quelques pionniers, qui volent actuellement en solo ou en autonomie, espèrent pouvoir améliorer la qualité de leur position de vol. Une situation qui démontre à quel point beaucoup de chemin reste à faire dans la mise au point et le développement de matériels adaptés.
Afin d’améliorer l’offre d’équipements, le projet vient de permettre la création, l’expérimentation puis la commercialisation d’orthèses nouvelle génération nommées. (Pour en savoir plus : https://braceyourselfsystems.com)

La particularité de ces orthèses est leur fabrication à partir d’imprimantes 3D dans un matériau plastique plus léger.
Le projet inclut la mise à disposition de ces paires d’orthèses auprès des souffleries partenaires afin de permettre une expérimentation à grande échelle de l’utilisation standardisée du système sur les vols de découverte.
Cette démarche est en corrélation avec l’amélioration des bonnes pratiques d’encadrement car elle contribue à développer des stratégies d’optimisation dans l’utilisation de ce matériel.

4. Définir une méthode et des critères de classification des PSH :

Cette problématique concerne la compétition.
Classer par degrés de handicap et/ou par catégories n’est pas un exercice facile.

  • Quels facteurs prendre en considération ?
  • Quelle méthode adopter ?
  • Quel objectif poursuivre ?
  • Quelles déficiences accepter ?

Un chantier ambitieux dont on sait qu’il ne peut pas produire un résultat parfait. Les discussions récurrentes de classification lors des épreuves Paralympiques sont là pour rappeler qu’en matière handisport il est bien difficile de parvenir à des systèmes entièrement indiscutables.
A l’instar de ce qui a été fait sur les compétitions de voltige en parachutisme tandem, le projet s’est orienté vers un système de pondération des scores à partir d’un coefficient individualisé (coefficient de compensation) attribué à chaque compétiteur. L’objectif étant d’établir un classement unique des compétiteurs plutôt que de multiples classements et catégories.
En amont, les catégories de déficiences éligibles pour la compétition ont été établies à partir des catégories déjà référencées par le Comité International Paralympique.

Neuf mois acharnés de travaux et plusieurs expérimentations de terrain conduites par un groupe composé d’experts ont ensuite permis de boucler le chantier de la classification début octobre 2021.
La compétition de Poitiers sera justement l’occasion de tester à la fois le coefficient de compensation, mais aussi sa procédure d’attribution.
Le projet a aussi tranché sur deux autres questions : pour l’instant il n’y a ni catégories d’âge, ni de scission entre des catégories masculines et féminines.

5. Expérimenter des formats d’épreuves de compétition pour les PSH 

Indépendamment du système de classification, le choix des différents formats d’épreuves de compétition est aussi l’un des apports majeurs du projet.
Plusieurs pistes étaient possibles, entre épreuve individuelle ou d’équipe, entre mixité (valides/non valides) et spécificité (format dédié aux non valides), il était nécessaire de rapidement se positionner afin de préparer la compétition du #WH Event.

Suite à ces questionnements, l’axe de travail finalement retenu concerne l’expérimentation d’un format spécifique et unique réalisable par un éventail le plus large possible de catégories de handicaps. Plus précisément, le projet s’est orienté vers le #HandiflyRace (Parcours Handifly) qui consiste en une épreuve de vitesse individuelle en solo en vol à plat, par matchs en vols alternés.
Le principe de l’épreuve est la vitesse individuelle de déplacement sur un parcours chronométré.
Pouvoir se déplacer rapidement en plusieurs points de la veine d’air –matérialisés par des buzzers électroniques– et maîtriser à la perfection sa trajectoire de vol en trois dimensions est un challenge parfaitement adapté et atteignable.
Le chronomètre est déclenché par la PSH elle-même lorsqu’elle appuie sur un buzzer de départ. Son parcours imposé est ensuite constitué de buzz intermédiaires à valider jusqu’à un buzzer d’arrivée qui indique instantanément le temps total.
Dans ce parcours, des trajectoires vers le haut puis vers le bas ainsi que des traversées de la veine d’air sont prévues. Ainsi que des tours horizontaux en 360° imposés, identiques à ceux réalisés en voltige tandem de parachutisme.

Les premiers tests de trajectoire ont déjà été simulés avec succès par des personnes valides, sachant que le système électronique de chronométrage est aussi à inventer et à mettre au point. Il reste désormais à mettre de nombreuses PSH en situation afin d’affiner le concept. Mais ce format est attractif car il est facile à comprendre. Sa jugeabilité immédiate est, aussi, propice à faire vibrer le public.

Dans ce format profilé pour générer de l’émotion, le projet hésite à s’orienter vers de réels duels en face à face. Non pas une course contre le chronomètre où chacun défile tour à tour, mais un véritable « battle », en parallèle, où deux concurrents, avec chacun leur propre parcours dans une demi-veine, doivent terminer avant l’autre dans une logique de match.

Cette piste ambitieuse pose pour l’instant trop d’interrogations en matière de sécurité et ne pourra être réévaluée qu’à l’issue des résultats observés avec la formule de matchs en vols alternés.

Enfin, il faut souligner aussi cette originalité fondamentale du format #HandiflyRace qui prévoit aussi deux types de parcours (expert ou novice) afin que chacun puisse être en mesure de réussir l’épreuve. Pour chaque concurrent, la décision du parcours est établie par le directeur de compétition à l’issue de deux premiers vols tests. Evidemment, sur le classement général final, les experts sont classés devant les novices. L’intérêt de cette formule est de permettre un recrutement le plus large possible. Des nations sont en effet déjà à la pointe tandis que d’autres découvriront pour la première fois le #HandiflyRace l’an prochain à Aix-Marseille (18 au 21 mai 2022).

Le règlement complet du #HandiflyRace est en ligne sur la page www.ffp.asso.fr/wh

Il comprend aussi 6 annexes.

6. Expérimenter et développer du matériel de chronométrage et de jugement adapté 

Quels que soient les formats d’épreuves, ceux-ci s’accompagnent de matériels de chronométrage et/ou de jugement à expérimenter pour lesquels les recherches et réglages doivent être mis en œuvre simultanément.
Chaque format développé doit en effet s’accompagner d’équipements vidéo et électroniques adaptés afin de permettre un jugement de qualité, collégial et immédiat.
Il existe déjà des kits de chronométrage électroniques utilisés par les souffleries pour certaines disciplines de compétition pratiquées par les personnes valides.
Parmi ces disciplines, le « speed en relais » est une épreuve d’équipe dotée d’un buzzer placé à l’extérieur de la veine d’air, dans le sas de porte, qui permet de transmettre le relais à son coéquipier.
Dans ce concours spectaculaire au cours duquel le franchissement de porte fait partie intégrante de la performance, un dispositif de portillon situé sur le seuil de porte, composé de deux capteurs infrarouges, permet le déclenchement puis l’arrêt du chronomètre.
Dans le cas d’un concours HandiFly où le franchissement du seuil de porte ne peut en aucun cas être intégré à la séquence chronométrée, la nécessité de mettre au point un dispositif de chronométrage que l’on puisse déclencher en étant déjà en position de vol à l’intérieur du flux d’air était une condition préalable.

D’où cette idée d’utiliser un buzzer A fixé à l’extérieur de la veine d’air permettant de déclencher puis d’arrêter le chronométrage grâce à un système astucieux de laser.

Les buzzers intermédiaires B, C et D permettant pour leur part de baliser grâce à un système lumineux tous les points de passage obligés sur l’ensemble du parcours imposé.
Pour mettre en œuvre cette solution, le projet a travaillé sur de nombreux prototypes reliés à une cellule de jugement. Ces innovations

technologiques sont au cœur des enjeux du projet.L’étape de Poitiers sera un moment important au cours duquel le projet espère pouvoir valider son kit en prévision du #HandiflyRace 2022.

Photo de gauche : modèle de buzzer extérieur utilisé dans la discipline du speed relais ;

Photos du milieu et de droite : schéma d’un exemple de parcours imposé HandiFly sur lequel la PSH doit successivement enchaîner les déplacements 1 > 2 > 3 > 4 > 5 > 6 en buzzant à chaque fois pour valider chaque étape.

ZOOM SUR :

1/ Damien Demiautte, l’histoire d’un premier tandem à une première attelle

Atteint du syndrome de Little, c’est à 17 ans que le jeune Mouginois, Damien Demiautte, découvre le parachutisme lors de L’envol SwissLife organisé par Michel et Sophie Gallot. L’Envol SwissLife, initié par la Fondation SwissLife, a pour objectif de proposer, depuis 2015, de  vivre une expérience unique : un saut en parachute en tandem. Damien a accroché dès ce premier saut et a rapidement voulu renouveler l’expérience.  Avec 150 sauts à son actif et 3 heures de vol en soufflerie, il poursuit depuis sa quête de l’équipement idéal p our préparer au mieux le Wind Tunnel Handifly(1) 2022, compétition à portée mondiale qui se déroulera à IFLY/Aix-Marseille.

Après ce premier saut en 2013, Damien enchaîne en 2015 avec une première participation aux championnats de France de parachutisme Handifly. En 2016, il monte pour la première fois sur le podium en terminant à la troisième place du Championnat de France Handifly, participe au premier challenge européen Handifly initié par la Fédération Française de Parachutisme, sur le site de l’Ecole de parachutisme de Lille-Bondues, et sera le premier handisportif à voler en soufflerie à Aérokart à Argenteuil. Les sauts s’enchaînent, témoignant d’une belle évolution. Licencié en 2017 à Monaco Parachute Team, notre jeune parachutiste sera 5e au Handifly International Challenge 2018, en Russie, puis vice-champion au Handifly International Challenge 2019, au Portugal.

Après avoir décroché son Master de développeur web en septembre dernier, outre la recherche d’un emploi, Damien est en quête de l’équipement idéal dans sa progression en soufflerie. La Fédération Française de Parachutisme collabore avec des prestataires, depuis des mois, pour que les personnes en situation de handicap puissent s’entrainer, voire atteindre l’autonomie de vol, en maintenant les jambes grâce à un système d’attelle. Mais elles n’apportaient pas à Damien le confort qu’il attendait. Après des mois de recherche, des appels par centaines, des échanges avec d’autres sportifs, des pharmaciens, des orthopédistes…, c’est la rencontre avec sa nouvelle vidéaste, Cécile Delaune et ses nombreux contacts dans le monde médical,  qui va déclencher de belles opportunités. Sept Ortho, technicien de santé à Manosque, en comprenant les besoins liés à sa pathologie, est en train de l’aider à trouver la perle rare….. En tout cas, c’est ce qu’il espère !! « Rapidement, Sept ortho a compris mon besoin. Ils m’ont accompagné dans tous le processus et sont devenus mes partenaires. Je ne peux que les remercier. Les attelles ne sont pas tombées du ciel, c’est des heures d’échanges, des contacts avec le monde médical, des rencontres… Le précédent matériel était un échec dans mon cas. Je savais qu’il faudrait du temps, de l’investissement, du travail, que ce soit avec eux ou à On Air, à Tallard, où je m’entraîne » insiste-t-il.

Damien sait que cette évolution prendra 1 ou 2 ans mais « les avantages de cette nouvelle attelle sont déjà exceptionnels : les réglages pour permettre les mouvements des articulations sont simplifiés, comme la façon de les mettre et de les enlever ».  Le jeune sportif est hyper motivé car il sait qu’il va pouvoir gagner en autonomie et en confort avec ces nouvelles alliées de vol.

Plus de fluidité, plus de stabilité, moins de gestes parasites dans le vol… le combo parfait ? « Même si le travail est loin d’être fini » précise Damien, « dès le premier vol, avec mon staff, nous avons bien vu une différence remarquable. Mais il faudra encore plusieurs heures de pratiques et quelques réglages pour s’assurer que ces nouvelles attelles conviennent  parfaitement».

Le fruit de la réussite, c’est de la technique, du ressenti et évidemment beaucoup de travail.Le partage et l’écoute vont aussi apporter un socle indispensable. Damien en a pleinement conscience : « Je connais le handicap à travers mon quotidien. Pour autant, c’est comme dans le sport, il faut connaître ses limites et savoir déléguer lorsque c’est nécessaire ». Ses objectifs clairs : ressentir une réelle progression avec ce nouvel équipement de vol, obtenir un meilleur rendement possible en soufflerie et, comme tous, reprendre les entrainements à haut niveau. Mais il ne cache pas quelques appréhensions. « Après plus d’un an sans être monté dans l’avion, même si c’est comme le vélo, cela ne s’oublie pas, le manque de pratique est lourd. Des mois sans voler, c’est une perte tant au niveau physique qu’en termes de préparation mentale. Le confinement et la fermeture des salles rendent l’entrainement très difficile. En plus, en tant qu’athlète handi, c’est  plus compliqué de s’entrainer depuis chez soi avec le matériel adapté car j’ai toujours peur du risque de blessure ». Damien a fait le choix de continuer ce qu’il appelle « le strict minimum », pour ne pas se blesser, mais malgré tout rester en forme. Depuis plus d’un an, « l’adaptation » est le leitmotiv de ce sportif.

Ces objectifs en 2021 ? Des heures d’entraînements pour retrouver le chemin des compétitions J S’entraîner, encore et encore, en soufflerie, pour être au top de sa forme pour le projet WH. Et bien évidement, le retour à la vie normale sous peu.

2/ Zoom sur : Laurence Durand, un nouveau sentiment de liberté

Ancienne militaire parachutiste, l’essonienne Laurence Durand revient sur sa découverte de la soufflerie, « son second souffle » confie-t-elle. Devenue paraplégique il y a 6 ans suite à un accident domestique, Laurence a pu renouer grâce à la soufflerie à ce sport qui l’a toujours animée, alors qu’elle n’y croyait plus. Récit d’une femme déterminée, pour qui « tout est possible ».

Retour quelques années en arrière. Laurence prépare ses valises pour un séjour ensoleillé à Marrakech organisé par l’association « Comme les Autres ». Cette association, qui fait actuellement partie des partenaires de la fédération dans le déploiement du programme de découverte #windtunnelhandifly, assure la continuité du parcours de reconstruction de ses bénéficiaires en les accompagnant d’un point de vue physique, psychique, social et professionnel. À cette étape, elle ne se doute pas de ce qui l’attend.

Séjours, week-ends retrouvailles et activités avec l’association s’enchaînent… Jusqu’à cette initiation à la soufflerie pour un groupe d’adhérents. Laurence n’en fait pas partie, car elle se dirigeait plutôt vers la voltige aérienne. Mais le hasard fait parfois bien les choses ! Au dernier moment, suite à des désistements, elle a l’opportunité d’intégrer ce collectif pour une initiation à la chute libre indoor. Pour retrouver cette sensation de liberté liée au saut en parachute, elle n’hésite pas une seconde.

Nous sommes alors en 2018, à Argenteuil (95). Laurence est prête à faire le grand saut, à Aérokart. Un moment qu’elle n’est pas prête d’oublier, celui d’un « nouveau souffle ». Cette ancienne sportive vit ce vol « comme un renouveau, un sentiment de liberté » qu’elle croyait définitivement perdu pour elle. « La découverte de la soufflerie, c’est le retour à mon premier amour, le parachutisme ».

Comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, ce premier saut est aussi synonyme de rencontre avec Bruno Casimir, président de l’école de parachutisme de Chaville (92) « Bleu Cohésion », initiateur de ce stage en soufflerie. « En sortant de la veine, Bruno m’a proposé de continuer à ses côtés et de découvrir le milieu de la compétition », évoque Laurence avec émotion. Et le feeling opère puisqu’il deviendra rapidement son coéquipier de VR2.

Laurence et Bruno participent au Challenge indoor à Aérokart organisé par la ligue de parachutisme d’Île-de-France avec le soutien financier de la DRJSCS. Cette compétition amicale en soufflerie, avec pour mot d’ordre le « vivre ensemble », va confronter des équipes en vol relatif. Les compétiteurs ont 1 minute pour entrer dans le tube, effectuer les figures et ressortir. L’équipe gagnante est celle qui aura réalisé le plus grand nombre de figures correctes sur plusieurs manches. Chaque vol va être aussi l’occasion d’aller plus loin, de se surpasser, de retrouver cette pleine liberté de mouvement. Pour notre compétitrice, « voler, c’est ma façon de me déplacer en autonomie ».

Outre les challenges, le binôme participe à des démonstrations de VR2, notamment à Ifly Lyon, centre de chute libre indoor, avec toujours le même objectif : faire découvrir le vol relatif handifly au plus grand nombre.

Pour Laurence, qui s’est, au fil des entraînements, passionnée pour le vol en soufflerie, un point fondamental ressort de son expérience : « Dans le tunnel, on est tous pareils !!». Derrière ces 2 minutes de vol et les grands sourires que l’on peut apercevoir, ce sont des heures d’entraînements, de réglages, de recherches pour trouver LE matériel qui répond aux besoins du sportif. « Et ce n’est pas aussi facile que cela en a l’air » ajoute-t-elle. 

Lorsque certains osent lui rétorquer que « la soufflerie ce n’est pas un sport, tu te fais juste porter par le vent », elle n’hésite pas à les conduire dans la veine. Elle s’en amuse d’ailleurs : « Il suffit de 2 minutes pour les faire changer d’avis quand ils  sont en quête de stabilité sur un vent à 200km/h soit l’équivalent de 3 sauts en parachute à 3800 mètres».

Ce sport, Laurence le vit avec le sentiment d’être « comme les autres », et accentue son envie de se battre. Le parachutisme -et plus particulièrement la soufflerie-, peuvent s’adapter à de nombreuses  pathologies. L’un et l’autre requièrent une adaptation aussi bien physique que mentale. Mais les pratiquants vont, ensuite, trouver un équilibre de pratique et d’engagement ; l’important étant d’être à l’écoute de son corps. Et Laurence, ne cesse de répéter, tel un mantra : « Quand on veut, on peut. Il suffit de se donner les moyens d’y arriver ». D’ailleurs, lors de chacune de ses entrées dans la veine, c’est toujours le même leitmotiv devant la porte : « Éclate-toi ».

Présidente de la commission handisport chez Bleu Cohésion, Laurence aspire à de nouveaux horizons. Après plus de 5 heures de vol en soufflerie, elle souhaite, avec le soutien de la Fédération Française de Parachutisme « passer de l’autre côté », en préparant sa qualification de juge. « Je souhaite prouver que nous sommes tous capables de pratiquer le vol relatif, valides ou en situation de handicap ». Laurence se dit prête à s’engager aux côtés de la Fédération Française de parachutisme et sillonner les souffleries pour promouvoir cette pratique qui lui tient tant à cœur. Affaire à suivre….

3/ Zoom sur : Véronique PROUTEAU, femme aux multiples défis

Véronique, alias Veronikatornade, bloggeuse sur des sujets variés : le sport, le handicap et la protection de l’environnement, vit en Charente-Maritime. Mère de quatre enfants, elle  est en situation de handicap depuis cinq ans. Elle souffre d’algoneurodystrophie, des douleurs intenses qui ont provoqué  un équin de son pied droit, l’empêchant ainsi de se tenir debout sans solution de mobilité.

Après des années, moralement compliquées, Véronique décide de reprendre le sport. De la musculation à la course à pied connectée, Véronique enchaîne les défis et se challenge, à nouveau. « Je suis une femme de défis, de compétions. Il fallait que je me retrouve ». Ancienne commerciale, il n’est pas question de ne pas atteindre ses objectifs. Après avoir participé à l’EDF ADN Tour et réalisé les 20 km de Paris, elle obtient son dossard pour le Marathon Paris 2024. « C’est une victoire pour moi, je ne sortais pratiquement plus de chez moi. Depuis un an, j’ai décidé d’assumer ma situation et de pouvoir profiter au mieux, en cherchant des solutions adéquates comme le KneeScoot ». Le KneeScoot, Véronique en est ambassadrice. Il s’agit d’une trottinette à genoux, lui permettant ainsi de se déplacer et de courir.

Surnommée la tornade, Véronique est avide de découvertes, d’échanges et de nouvelles expériences. En parcourant les réseaux sociaux – et un peu par hasard J, elle apprend l’existence du HandiFly et notamment du Windtunnelhandifly. Elle se renseigne. Et fonce ! « Je pratique à Poitiers, avec comme monitrice Domitille Kiger, une championne du monde. C’est incroyable. Le handicap n’existe plus. A partir du moment où je suis dans la veine, je vole. Je suis complètement libre. » Pour Véronique, dans la soufflerie, tous sont égaux. « Que l’on soit âgés de 5 ans ou 90 ans, valides ou en situation de handicap ». Formidable défi personnel et opportunité, Véronique a pour ambition première d’être retenue pour la HandiFly Race 2022, première compétition d’envergure mondiale en soufflerie pour les personnes en situation de handicap. Si cela devient une discipline paralympique, ce serait un rêve pour Véronique de porter les couleurs de la France aux Jeux Paralympiques pour une discipline qu’elle définit comme « fun, pour tous et pleine de liberté ». Pour cette sportive, toutes les parties prenantes au projet sont « passionnées, mordues et adorent ce qu’ils font. Cela nous motive à repousser nos limites ». Revêtue du costume de Wonder Woman, Véronique inspire à travers sa communauté virtuelle à se dépasser. « Je veux montrer que rien est impossible, sans filtre ».

4/ Zoom sur : Loïc Thomazet, la recherche du dépassement de soi permanent

À l’âge de 17 ans, Loïc est victime d’un grave accident de moto. Il perd sa jambe gauche et est définitivement paralysé du bras gauche. Vingt ans plus tard, il vit à Montpeyroux, en Auvergne, et est devenu un adepte du handisport. Depuis son handicap, Loïc n’a jamais testé autant de sport. Entre karting, ski nautique, wakeboard ou soufflerie, il est à la recherche d’un dépassement de soi permanent.

En 2003, il commence à pratiquer le basket. Pendant plusieurs années, il s’occupe du Club de Basket Handisport de Clermont-Ferrand, puis il intègre la Ligue d’Auvergne de Sport Adapté. Conseiller régional au CESER et aujourd’hui salarié ENEDIS, Loïc découvre le parachutisme en 2013 par le biais du premier stage Handifly entre l’ASM Handisport et la Fédération Française de Parachutisme, à Vichy. Par ce premier stage, Loïc se sensibilise au parachutisme et n’imaginait pas vivre de telles sensations. Il teste, échange avec les plus expérimentés et « tombe accroc dès le premier saut ». « Adepte des sensations fortes, je n’ai jamais trouvé un sport qui me régale autant que le saut ». Loïc continue le Handifly, à travers les différents stages organisés. Son seul bémol : aucun centre près de son lieu de vie ne lui permet de pratiquer aussi régulièrement qu’il le voudrait. Il est alors licencié au Puy-en-Velay (43). Loïc s’inscrit pour la première fois, en 2018, aux Championnats de France Handifly. Avec la crise de la Covid-19, il a dû mettre entre parenthèses sa passion. Alors, il porte son attention sur la soufflerie. Il reçoit en cadeau de Noël son premier vol. C’est une révélation. Contrairement au parachutisme, Loïc se rend compte qu’il peut être autonome, se mouvoir seul, sans binôme obligatoire. Pour ce sportif qui ne s’est jamais mis de barrière, c’est une revanche. Tout est question d’adaptation quand on pratique un sport en situation de handicap.

Avec la soufflerie, il découvre une sensation de liberté. « C’est magique de pouvoir voler, et encore plus improbable quand tu es handicapé. » Participer au WindtunnelHandifly et à la Journée test de Poitiers, c’est s’inscrire dans un mouvement, global, pour faire reconnaître ce sport et en faire bénéficier au plus grand nombre. « J’aimerais que cela aboutisse à une collaboration complète de toutes les souffleries. Comme pratiquant handicapé, cela nous permettrait à tous de bénéficier d’une couverture et ainsi s’entraîner comme un sportif de haut niveau. Tout cela en me faisant plaisir. ». Loïc ne sait pas s’il va réussir à achever le parcours et ainsi se sélectionner pour le Handifly Race 2022, première compétition mondiale de soufflerie pour les personnes en situation de handicap. Mais, c’est un challenge personnel. Pour Loïc, la soufflerie est une nouvelle discipline, avec un futur prometteur et où il compte bien se faire une place. « Je suis un sportif, j’ai l’esprit de compétition. Se dire que cela peut nous emmener aux Jeux Olympiques, c’est d’autant plus une source de motivation. C’est une belle opportunité, une expérience de vie unique. Et je ferai tout pour que cela fonctionne et que la soufflerie soit une future discipline paralympique. »

5/ Zoom sur : Yann Nouard, de la natation au parachtisme

Issu du monde aquatique, Yann est un ancien athlète de haut niveau en natation paralympique. Il a notamment participé aux Jeux Paralympiques de Pékin en 2008 et mis fin à sa carrière après ceux de Londres, en 2012. Licencié à l’EPS du Bassin d’Arcachon, Yann se familiarise avec le HandiFly avec son ami Hayri Simsek et deux moniteurs fortement engagés que sont Lydia Del-Ben et Philippe Matonnier. Dès 2016, il participe aux premiers Championnats de France à Vichy – marquant ainsi son entrée dans la compétition avec une première médaille décrochée pour la troisième place du podium. Puis, Yann concourt aux challenges européens d’Handifly à Lille et à Minsk, en Russie. Le Handifly, Yann ne l’a plus jamais quitté après ces premières initiations. « L’adrénaline et le stress m’ont marqué. Je suis fier de pratiquer le Handifly. Ma première sortie d’avion est gravée dans ma mémoire ».
En tant que salarié EDF, Yann bénéficie de jours lui permettant ainsi d’évoluer dans sa pratique et se rendre sur les lieux d’entrainement et de compétitions.

Aujourd’hui âgé de 36 ans, Yann est toujours habité par la soif de sensations fortes et d’apprendre. Depuis 3 ans, il s’essaie désormais à la soufflerie. « Pourquoi ne pas relever un nouveau défi ? J’ai tout de suite adhéré. Je rêve de voir la soufflerie devenir une discipline paralympique et ainsi porter les couleurs de la France, aux Jeux, à nouveau. » Le projet du Windtunnelhandifly est une belle opportunité pour Yann. « J’habite Bordeaux. Il n’y a pas encore de soufflerie. Le programme développé par la Fédération Française de Parachutisme nous permet de nous entraîner et de nous retrouver. C’est grâce aux efforts déployés par la Fédération que j’ai pu aller à Aix-Marseille ».

Dans la veine ou dans la piscine, Yann se démunit de son fauteuil roulant comme de ses prothèses. Il déplace son corps dans l’espace, en parfaite autonomie ; « mon corps est totalement libre, je ressens de la légèreté, le mouvement de l’air ou de l’eau. C’est magique. Se faire porter par l’air, c’est une sensation unique – sans équivalent »

Yann a pour objectif de devenir parfaitement autonome dans la soufflerie et de réussir le parcours sans pénalité. Le sportif ne se fixe aucune limite tout en restant lucide dans les objectifs à atteindre. La concrétisation de cet investissement serait bien évidemment d’être sélectionnée pour le Handifly Race 2022 – première compétition mondiale de soufflerie pour les personnes en situation de handicapet pourquoi pas, ensuite, aller plus loin.

Pour Yann, la Fédération Française de Parachutisme et Jérôme David accomplissent un travail sans précédent pour le handisport, « c’est la première discipline à avoir intégré les Championnats de France valides et handis, on se côtoie sans différenciation, et on échange pour tous avancer à faire rayonner notre passion commune : voler ». Avoir la France comme initiateur de ce projet d’envergure est une fierté pour Yoann, témoin de l’engouement européen et maintenant mondial autour du déploiement des sessions handis en soufflerie. Et ce n’est que le début…

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