Le Mot du Président
« J’aime ma tribu »

Cette déclaration publique de Domitille Kiger, championne du monde en 2012, est l’authentique cri d’un cœur qui a été « capturé par ce sport », ajoute-t-elle, par le parachutisme dans ses différentes composantes.
Au-delà du sport, c’est un cri d’amour pour les personnes de sa « tribu », c’est-à-dire pour celles et ceux qui pratiquent nos sports, citoyennes et citoyens du vol dans le ciel, dans un tube ou sous voile. Le choix du mot « tribu » vise aussi l’organisation sociale, la cité, au sein de laquelle évoluent ses membres réunis par l’acte de voler.
Quelle est cette tribu-cité ?
Où la trouve-t-on ?
« Je dois beaucoup au système français et à la FFP qui a permis ma carrière de compétitrice en parachutisme et qui a, par là même, changé ma vie », a déclaré Domitille dans ParaMag en avril 2021. Tribu ? Tribu, affirme-t-elle ? Est-ce un hasard si la 1ère équipe française de niveau international, qui a remporté la Coupe du monde de voile-contact à huit en 1982 s’appelait « Village gaulois » ?
Le poète Paul Eluard écrivait : « Dans la vie, il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Ce n’est donc pas un hasard : tribu-village-cité, c’est une cohérence.
La FFP, Fédération Française de Parachutisme, dont Domitille Kiger ose souligner le rôle majeur et positif dans sa vie, est ce village gaulois résistant à la soumission à un matérialisme débridé dans une société fracturée. Elle promeut un mode de vie décalé et authentique (à la porte d’un avion en vol, on ne peut plus tricher), où les chamailleries du jour peuvent se résoudre autour de la cervoise du soir. Les appartenances sociales se dissolvent, les hiérarchies sont bousculées, des amitiés inattendues se nouent. Là est l’essentiel.
Étant donné que « l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant », selon le poète René Char, prenons soin de ce village que nos anciens ont bâti et nous ont légué, afin de le transmettre à nos successeurs, à ces jeunes qui viennent et viendront nous rejoindre, et qui sont l’avenir de nos sports.

Tous les membres de la DTN (Direction Technique Nationale) de la FFP étaient en séminaire, les 7 et 8 décembre, à Paris, au siège de la FFP, afin d’examiner toutes les questions techniques mais aussi pour entretenir un esprit d’équipe, de cohésion.
Tour de table en partant par la gauche: Jean-Michel Poulet, Frank Mahut, Patrice Girardin, Franck Cotigny, Sophie Boulongne, Mathieu Bernier, Kevin Mansion, Philippe Schorno, Éric Fradet, Jacques Baal, Jérôme David.

À cet égard, la FFP souhaite orienter une partie de son action en 2024 en direction des jeunes en espérant que cet axe sera poursuivi lors de la mandature 2025-2028, car son efficacité dépend de sa pérennité. Il nous faut toucher beaucoup de jeunes, car ils sont par nature perméables à l’idée d’essayer et de pratiquer l’acte de voler. Soyons toutes et tous des ambassadeurs.
Prêchons que « Le courage est de faire ce qu’on a peur de faire » (Edward Rickenbacker, pilote de chasse US), et que l’idée de voler est une idée à réaliser, que l’envie de voler doit se concrétiser, car « Les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais vécues » (André Malraux, écrivain).
Dans les années 80, années où la vitesse et la puissance étaient les valeurs à la mode, la FFP avait adopté le slogan « Le ciel, le plus grand stade du monde ». Aujourd’hui, ce sont les valeurs de partage et de communion qui font référence. À cet égard, nos sports en général, et le parachutisme en particulier, ne sont pas démodés, mais au contraire présentent un fort esprit de communauté qui est attractif et tendance. Il faut que tous les membres de cette communauté fédérale le choient, le développent et le fassent rayonner.
Des écoles de parachutisme vont disparaître sous la pression foncière curieusement alliée à la pression écologique qui transforment des terrains d’aviation, souvent entièrement en herbe, en de magnifiques bâtiments industriels ou commerciaux, ou en des champs (sic) de panneaux solaires. Comprenne qui pourra, le consumérisme capitaliste cheminant parfois par des chemins détournés.
Dans l’histoire du parachutisme, d’emblématiques écoles ont disparu, telles celles de Bergerac et de La-Ferté-Gaucher. Le parachutisme s’est régénéré ailleurs et les souffleries peuvent y contribuer. Ayons foi et confiance. Nous pouvons parfois douter de notre avenir, mais n’ayons jamais la faiblesse, ne faisons jamais l’erreur, n’ayons jamais la certitude de croire notre fin arriver. « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude », écrivait le philosophe Friedrich Nietzsche.
« Hauts les cœurs », crierait sans doute Domitille dont la joie, la bonne humeur, l’enthousiasme sont si communicatifs.
La FFP vous souhaite d’excellentes fêtes de fin année 2023 en vue d’une année 2024 pleine de rêves réalisés, donnant rendez-vous dès fin janvier aux techniciens pour le Congrès technique National et aux dirigeants pour le Congrès des dirigeants qui auront lieu simultanément à Nantes, et qui verront pour la première fois la participation des souffleries.

À la FFP, nous avons hâte de vous revoir.

Examen des statuts à l’Assemblée Générale du 18 novembre. De gauche à droite: le vice-président, le président, la secrétaire générale, le directeur technique national. La trésorière était excusée car elle participait à une compétition de précision d’atterrissage à l’étranger.

TARIF DES LICENCES-ASSURANCES

L’assemblée générale de la FFP a voté le 18
novembre 2023 en faveur de la proposition du comité directeur de reconduire à l’identique les tarifs des licences-assurances,
excepté celle des moniteurs professionnels de parapente pour des raisons d’harmonisation avec la FFVL.
Après une augmentation post-Covid fin 2021 début 2022, liée à l’augmentation de 30% environ des primes d’assurances, les tarifs des licences-assurances sont restés stables pendant 3 ans (2022, 2023, 2024), nonobstant l’augmentation générale des prix. Le contrat d’assurances souscrit par la FFP au profit de ses membres et de personnes licenciées a été prorogé jusqu’à fin 2024, sans augmentation de primes.
Qu’en sera-t-il en 2025 pour le nouveau contrat ?
Pour anticiper, la FFP cherche à réduire ses coûts de fonctionnement (le cost-killing dans les entreprises) afin d’améliorer sa rentabilité pour maîtriser les prix de son produit-phare : les licences-assurances.

STATUTS, REGLEMENTS ET SIMPLIFICATION

L’assemblée générale de la FFP a adopté le 18 novembre 2023 de nouveaux statuts pour une mise en conformité avec la loi du 2 mars 2022, applicables à compter du 1er janvier 2024. Pour la première fois, de mémoire de parachutiste, deux versions des statuts ont été proposées, avec deux modes de scrutin différents pour les élections
fédérales, et non pas une seule version sélectionnée en amont par le comité directeur.
La loi ayant complexifié la composition de ce qui ne s’appelle plus comité directeur, mais conseil d’administration, il faut juste se contenter ici de dire que le scrutin sera mixte : scrutin de liste pour 10 membres du conseil d’administration, dont le bureau et un médecin, et scrutin uninominal pour 10 autres personnes dont 6 élues par le collège général des électeurs, et 4 autres élues par leurs pairs respectifs : 2 sportifs de haut niveau, un entraîneur et un juge, le tout en respectant rigoureusement la parité hommes-femmes.
Les modifications statutaires imposées par la loi, ne serait-ce que le changement de nom du comité directeur devenu conseil d’administration, ont imposé une révision de tous les textes et règlements fédéraux, notamment du règlement intérieur, de la charte des écoles et de ses annexes, de la charte des souffleries et de ses annexes, et du règlement des licences.
À cette occasion a été entreprise une opération de simplification et de réduction des contraintes administratives, prolongeant ainsi la facilitation de souscription des licences par la pré-licence en ligne pour les structures ayant adhéré, gratuitement, au système. Un toilettage des formalités en ligne a été également opéré.
Le but est d’alléger les tâches administratives à la charge des structures affiliées ou accréditées, ainsi que celles liées à l’agrément fédéral.

Charly Baum équipé d’un dorsal-ventral de dernière génération avant passage au tout-dans-le-dos. À noter les libérateurs Capewell qui nécessitaient une main sur chacun et deux gestes successifs parfaitement coordonnés des deux mains, débutant par l’acte de soulever les capots avant de tirer un petit câble avec deux doigts.

DES JEUNES ET DES MOINS JEUNES

Il avait 12 ans lorsqu’il a participé à ses premiers championnats de France d’ascensionnel à Laval en 2022.

Si un effort doit être porté en direction des jeunes, n’oublions pas que, si la soufflerie est un sport récent, le parapente (initialement vol de pente) est âgé d’une quarantaine d’années et l’ascensionnel a connu son apogée il y a une cinquantaine d’années, le parachutisme sportif remonte aux années 30/40.
C’est dans les années 70/80 que le matériel a considérablement évolué, s’éloignant de son origine militaire, de même que les techniques de chute, avec par exemple le dorsal-ventral remplacé par le tout-dans-le-dos, l’hémisphérique par l’aile à drisse ou l’aile à glisseur, et l’extracteur à ressort par le pull-out ou le hand-deploy.
La génération de parachutistes qui a vécu et accompagné ces évolutions radicales en forme de rupture arrive en fin de carrière. Il est temps de rendre hommage à celles et ceux qui ont bâti le parachutisme d’aujourd’hui en prenant souvent bien des risques, car la fiabilité n’était pas toujours au rendez-vous. Certains se souviendront par exemple du coulissement aléatoire de la drisse de l’aile à drisse ou de cette sorte d’hémisphérique triangulaire (voir la photo) qui avait plus tendance à se refermer qu’à rester ouvert.
« Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut pas savoir où il va. En ce sens, le passé est la rampe de lancement de l’avenir » (Otto von Bismarck), concept repris par des proverbes dans de nombreux pays, du Tchad au Canada ou ailleurs, ainsi que par la psychanalyse transgénérationnelle. Apprenons notre passé pour projeter nos sports dans l’avenir. Quand vous croisez un ancien, n’hésitez pas à le questionner ; il se fera un plaisir de vous raconter des histoires vécues qui vous paraîtront incroyables.
Ces anciens, vous les rencontrerez là où il faut aller bénévolement, là où il faut tenir des stands dans des salons pour faire de la promotion à l’ancienne, c’est-à-dire à la rencontre des gens en vrai, à leur contact, et pas seulement sur les réseaux sociaux.
Vous n’imaginez pas la richesse de leur vécu.

QUIZ HISTORIQUE

A – Quelle est l’année de création de la FFP sous le nom FNPF ? 

            1) 1935            2) 1944            3) 1949

 B – Combien y a-t-il eu, au total, de présidents et de présidentes de la FFP-FNPF depuis lors ?    

            1) 16                2) 20                3) 24

C – Sur la photo ci-contre, quel est le nom du parachute (les trois propositions sont véritablement des noms de parachutes) ?  

1) Paradactyl  
2) Interceptor  
3) Papillon

D – Quelle est l’année des 1ers titres français aux championnats du monde ?   

            1) 1949             2) 1951               3) 1953

E – En quelle année la FFP a-t-elle quitté l’aviation civile pour rejoindre Jeunesse et Sports ?   

            1) 1961                2) 1968                3) 1972   

F – Quelle est l’année du 1er des 4 titres français consécutifs aux championnats du monde en VR4 ?

            1) 1983                2) 1987                3) 1993

G – Sur la photo ci-contre, qui sont ces trois jeunes femmes sur le
podium de parachutisme, dans l’ordre des médailles parmi les noms suivants ? 

1 )Monique Laroche 
2) Gilian Rayner 
3) Marie-France Baulez  
4) Colette Duval 
5) Marjolaine DePury 
6) Sylviane Jardel 
7)Marie-France Breguet  
8) Chantal Ferré  
9) Micheline Violin

Domitille Kiger, membre du comité directeur de la FFP, devant (de gauche à droite) le médecin fédéral Yves Grosse, le DTN Jean-Michel Poulet, la secrétaire générale Isabelle Deschamps, le vice-président Daniel Grand, à Paris avant l’AG de la FFP.
Les bénévoles de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes et leur stand FFP à la
Coupe Icare.

Résultat du quiz
A – 3) 1949
B – 1) 16          
C – 1) Paradactyl 
D – 2) 1951
E – 3) 1972
F – 2) 1987
G -5) Marjolaine De Pury , médaille d’or
3) Marie-France Baulez , médaille d’argent
8) Chantal Ferré , médaille de bronze

Le Saviez vous ?  
Marjolaine est la maman de Léocadie Ollivier De Pury, et Chantal celle de Martial Ferré et de Marin Ferré.
Marie-France est mariée avec Pierre Fromentin, président de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes.

Y.M.G.

à lire également
3 juin 2024

Entrainement Voile Contact Besançon

Retour sur l’entrainement des équipes de France de Voile Contact à Besançon (25). Quelques mots de Jean-Michel Poulet, entraineur de l’équipe de France de Voile Contact, à l’issu de cet entrainement : « De bons progrès pour cette nouvelle équipe qui vise un podium pour les prochains championnats du monde.La priorité est donnée sur le […]

3 juin 2024

Cet été, vole vers ton Brevet B : Les lauréats

A la suite du lancement de l’opération « Cet été, vole vers ton Brevet B » la Fédération Française de Parachutisme a sélectionné les écoles porteuses du projet !En raison de l’immense succès de l’appel à candidatures, une école supplémentaire a été sélectionnée, portant le nombre total à six au lieu des cinq initialement prévues. […]

2 juin 2024

Skydive World Cup Series 2024 – 2 juin

La huitième et dernière manche de la Skydive World Cup Series, compétition mondiale de Précision d’Atterrissage, est en train de se terminer. L’équipe France 1 est dans l’avion. Les résultats provisoires par équipe : 1- Sportfördergruppe Bw Team 1 avec 51 cm (Elischa Weber, Robin Griesheimer, Elias Kammer, Christian Kautzmann, Stefan Wiesner)2- Czech military team 1 […]