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Zoom sur – Maxime Granier, champion Handifly International 2018

02 août 2018 - Handi Fly    | Informations   

[CHAMPIONNATS DE FRANCE DE PARACHUTISME: ZOOM SUR] Maxime Granier, champion Handifly International 2018.

A peine descendu du podium international, Maxime Granier a repris la route pour ces championnats de France. Il voulait témoigner de cette aventure pour pouvoir, encore et encore, remercier la FFP sans qui rien n’aurait été possible pour lui et tous les handiflyeurs ; Marie-claude Feydeau, qui a eu la volonté de porter ce projet depuis des années ; David Roth, président, et toute la Direction Technique. Mais, encore plus, il voulait remercier toute la grande famille parachutiste qui l’accueille comme un des siens depuis des années.
En Russie, peu d’heures de sommeil et un début un peu compliqué n’ont pas altéré son plaisir d’être présent. « Bien qu’impressionné en voyant les gabarits de certains compétiteurs, engendrant un gros coup de stress, et ne connaissant pas la DZ comme à Lille-Bondues, je me suis dit de suite que tout ce que je découvrais rendait tout encore plus compliqué au vu de mon handicap. Je m’étais juste fixé pour objectif d’améliorer mes performances de Lille et mes performances en général. Etre dans le top 10 aurait déjà été une très belle récompense.
Si le stage du Blanc a été une marche essentielle, le brief que nous a fait Michel Guiavarc’h pour nous encourager à créer un véritable esprit d’équipe a été fondateur. Il nous a convaincus que si l’un d’entre nous montait sur le podium, c’était toute la France qui aurait gagné.
Le Blanc m’a aussi apporté trois éléments essentiels :
1- La solidarité y est née
2- Nous avons visionné et analysé collégialement les vidéos de toutes les équipes. Ça nous a permis de mieux comprendre les modifications à appliquer dans nos sauts.
3- Pouvoir échanger avec les juges a complètement changé ma compréhension de ce qui était attendu.
A partir de là, j’ai eu des clefs pour mieux comprendre, mieux me comprendre. Pourtant, on ne peut jamais se dire, dans un sport : j’étais parfait. La preuve, même en Russie, où j’ai remporté la compétition, je sais que j’ai commis plusieurs erreurs qui peuvent s’améliorer. D’habitude, je n’ai « que » le regard de Jérémy. Du coup, croiser tous les avis m’a énormément fait grandir.
Le premier saut ? J’y suis allé tranquille 😊 Pour faire de mon mieux et prendre du plaisir, surtout prendre du plaisir. Puis, la porte s’ouvre et Jérémy me dit « no stress, on fait comme d’hab’ ». Et je fais comme à Lille. A l’atterrissage, je me dis « Pas mal !! Pas trop de temps pour faire mes tours». Je n’ai pu m’évaluer qu’avec Jérémy et Hervé, mon vidéoman, sans trop savoir ce qu’avaient fait les autres. Dans l’après-midi, j’ai un copain qui vient me dire que je remporte la 1ère manche. J’ai cru que c’était une blague et je n’y croyais pas du tout…
Sur la 2e manche, j’étais dans le même état d’esprit, mais avec une concentration supérieure…. on ne sait jamais !!! Et je suis de nouveau devant.
Du coup, plus rien à perdre. Je me suis dit que j’avais largement dépassé ce pour quoi j’étais venu. En plus, au fil des heures, j’étais de plus en plus touché par le soutien et le fair-play de la délégation française et de tous mes amis qui m’envoyaient messages sur messages via les réseaux sociaux. C’était une énorme aventure humaine. Cela m’a porté et je me suis dit que je ne pouvais pas m’arrêter là, parce que je suis un battant, en compétition comme dans la vie.
A la 3e manche, est ce que je commence à imaginer que je peux gagner ? Je préfère me dire que je dois être régulier et voir ce que cela donne. Le soir, je me suis détendu, j’ai beaucoup ri, pour ne pas me rajouter de pression. En même temps, les résultats étaient très proches sur cette 3e manche et j’avais peur de trop espérer.
Et les résultats tombent : je suis champion du challenge international 2018 ! Je ne pouvais absolument pas le croire. Tout le monde exultait de joie et, moi, je ne comprenais pas. J’ai vraiment réalisé en allant vers le podium, que les copains m’ont porté, que j’ai porté le drapeau en chantant la Marseillaise.
Un moment bouleversant pour moi, avec une énorme solidarité.
Ça me conforte dans le fait que l’on peut avoir un handicap lourd mais que, à force de se battre, de prendre des coups, on avance. On arrive à se transcender. Je me suis aussi prouvé à moi-même que, malgré ce handicap, si l’on se dit que rien n’est impossible, on peut y arriver.
C’est tout cela que je voulais faire partager à tous ceux que j’aime, qui me soutiennent, qui doutent aussi parfois. Merci, merci à eux. Et que tous les autres compétiteurs, handis ou valides, doivent continuer à accrocher leurs rêves à une étoile ».