8 nov. 2022 - Actualités - WhoIsWho

Who’s who : Cédric Morazzani, dévoué et engagé pour le développement du parachutisme

Les parents de Cédric Morazzani se sont rencontrés au para-club de Guadeloupe, au début des années 70. Né de cette union entre un père militaire parachutiste troupe de marine, moniteur de parachutisme dans le civil et une mère infirmière, passionnée de parachutisme également, c’est tout naturellement que Cédric est venu à la pratique. Il débute à 16 ans, à Bergerac, où son père était moniteur après sa retraite. Cédric a commencé avec une formation Brevet d’Etat, en parallèle de ses études. Sélectionné en 1991 pour intégrer l’équipe B de Vol Relatif à 8 espoir, il se lance en compétition. Finalement rattrapé par le manque de temps, il délaisse le sport pour se consacrer à ses études et à sa vie professionnelle. Il évolue alors dans le commerce après son service militaire qui lui aura, quand même, permis de réaliser de nombreux sauts et de s’entraîner.
Une nouvelle opportunité se présente à lui quand Yves Devauraz, devient cadre à la Direction Technique Nationale, on lui propose alors le poste de Directeur Technique adjoint à Bergerac. Il passe alors un BEES 2ème degré, un diplôme de formateur de cadres, le diplôme de plieur-réparateur et exerce durant plusieurs années en tant que salarié tout autant que bénévole.
En 2005, suite à une expropriation pour l’agrandissement de l’aéroport, l’école est dans l’obligation de fermer. Par contrainte financière, Cédric cesse les entrainements en 2010. C’est en 2013, qu’il va se remotiver et se remettre au para grâce à Martial Ferré qui lui présente le projet de record de France en Vol Relatif ZERECORD. Il participe à ce record à 104, en 2014. David Vincent, le Directeur Technique d’Agen, l’a lui aussi remotivé pour passer la qualification pour être moniteur tandem.
Cédric repasse alors l’épreuve avec David Martinez : « C’est rigolo car, à l’époque, c’est moi qui lui avais fait passer sa qualification. C’était très sympa de le retrouver ainsi ! ». Depuis, Cédric est moniteur bénévole au club d’Agen.

En 2019, Pierre-Henri Raketamanga avait souhaité mettre fin à ses fonctions de président de la ligue Nouvelle-Aquitaine. Il propose à Cédric d’assurer en doublon ce poste. Très honoré par la proposition, mais conscient de la charge difficile de ce rôle, le néo co-président exprime sa reconnaissance en rappelant : « le travail exceptionnel réalisé, notamment lors de la fusion des régions. Il nous a transmis une ligue très saine avec de nombreux projets. » Prendre sa succession s’annonçait complexe au vu des nombreuses subtilités. Cédric exprime, avec humilité mais engagement que « depuis, j’essaie d’animer cette ligue avec toutes les difficultés que cela comporte. La tâche est rude et les obstacles nombreux ! Heureusement, j’ai la chance d’être accompagné par des personnes fantastiques et très motivées ».
Le conseil d’administration de la ligue est composé de 9 élus. Certains ont énormément d’expérience, d’autres sont plus jeunes ; mais tous sont très investis. « Nous avions la volonté d’avoir une équipe mixte, qui représente de tous nos pratiquants tout autant que l’ensemble de notre grande région. Avec Richard Babin, Patrick Cazaban, Christine Gaitane, Christiane Garsault, Bernard Garsault, Daniel Grand, Stéphane Limnaios, Virginie Valate et Patrick Serin, nous avons des membres basés de Niort jusqu’à Pau ».
La ligue rassemble 8 écoles (SARL Europhenix 17 (17), SARL Big’Air Parachutisme (17), SARL Espace Chute Libre (33), Vertical T’Air Parachutisme (33), SARL OJB Parachutisme (40), Ecole de Parachutisme D’Agen (47), Pau Parachutisme Passion (64), Demenciel Parachutisme (79)) et compte 7042 licenciés pour l’année 2021.
Parmi les sujets impulsés par Pierre-Henri Raketamanga, la nouvelle équipe a souhaité poursuivre et finaliser les stages moniteurs fédéraux et formateurs. En collaboration avec les clubs de Cognac et de Royan, des journées handi-tandem ont pu voir le jour. Ce projet, qui tenait beaucoup à cœur à tout le comité, sera renouvelé en 2022 en partenariat avec le Rotary Club.
Cédric Morazzani entend développer le handifly, mais aussi le dispositif du BIA : « Le Brevet d’Initiation Aéronautique concerne principalement l’aviation. Mais nous souhaitons utiliser cet outil pour nous adresser au monde de l’Education Nationale et leur présenter le parachutisme sous un nouvel angle. Le recrutement des futurs licenciés est une vraie problématique que nous cherchons à résoudre par de nouveaux leviers, dont un recrutement plus structuré auprès des plus jeunes ».
La ligue veut aussi être acteur de la relance et de la culture du vol relatif. « Malheureusement, la montée en compétences pour ensuite accéder aux compétitions se perd. Le nombre d’équipe diminue sans cesse. Pour pallier à cette désaffection, nous avons dégagé des budgets et prévu une aide financière pour relancer l’animation dans les clubs, par le biais des stages notamment, mais aussi avec des petites compétitions au niveau local », énonce t’il. « Pour nous, qui sommes tous des parachutistes convaincus, nous savons que les autres disciplines font rêver mais demandent davantage d’investissements et beaucoup plus de sauts. Le Vol Relatif, lui, permet de monter plus rapidement en niveau. Ce phénomène de désaffection est de plus en plus prégnant. Au-delà du parachutisme, il s’applique plus largement au milieu sportif. L’enjeu est économique bien sûr, mais aussi touché par un nouveau facteur : les jeunes se lassent plus vite, essayent plus d’activités. Or, en parachutisme, la fidélisation des pratiquants est un enjeu crucial car seule la pratique va contribuer au plaisir. A nous de nous adapter et rendre ludique notre sport, malgré ses contraintes, pour le découvrir et l’apprécier. Si la valorisation des athlètes qui brillent au niveau national et international est un vecteur de communication formidable pour le parachutisme, il faut à présent pouvoir attirer le grand public pour pérenniser nos activités ».
Le parachutisme souffre aussi de l’exaspération de la part de certains riverains, qui critiquent les nuisances sonores. Cédric explique l’accompagnement et la pédagogie mises en œuvre faire face à ces réticences : « Nous leur proposons de venir et, sur place, nous expliquons. Nous montrons, concrètement, l’évolution de la pratique : des premiers avions, aux modifications au niveau de l’altitude de chute, en passant par les couloirs anti-bruit par exemple, tout comme cela peut se faire sur un circuit. Nous présentons aussi les accords que nous pouvons avoir avec des agriculteurs pour mettre nos terrains à leur disposition, pour la préservation de la biodiversité sur nos drop zones, pour notre recherche continue de partenariat avec les collectivités ». En levant les barrières de la méconnaissance, les tensions sont souvent apaisées.
Tout comme dans d’autres sports (Formule1, 4×4, ULM, aviation, moto,…), l’activité est décriée à cause de son empreinte écologique. « Nous devons être acteurs de la mutation, avant de la subir. C’est une de nos responsabilités en tant que ligue. C’est pour cela que nous nous devons d’être pro-actifs, de proposer des solutions et de remettre en cause notre lien à notre environnement ». En ce sens, le club d’Arcachon Vertical t’air a mis en place une dynamique de reforestation en compensation par exemple.
La ligue Nouvelle-Aquitaine, pour sa part, s’est engagée avec volontarisme vers une démarche responsable, et souhaite trouver des axes d’amélioration avec les Chambres d’Agricultures et les collectivités à l’échelle locale. L’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits de nos hangars, entre autres, est en réflexion. Cédric veut donc être porteur d’un message d’espoir : « Finalement, le champ des possibles est ouvert. Mais nous devons y aller tous ensemble ; les initiatives individuelles ne seront pas suffisantes ! Les pressions écologiques, économiques et d’infrastructures font qu’un regroupement de nos structures sera presque obligatoire. Pierre-Henri disait déjà que nous n’avions pas fait assez pour encourager à aller vers plus de professionnalisation dans nos écoles. De nombreuses structures sont encore gérées comme il y a 20 ans et ce n’est plus possible de poursuivre dans cette voie ».
Cédric est conscient des changements qui s’opèrent. « J’ai coutume de dire que tout système évolue en période de difficultés. La crise sanitaire et économique que nous vivons, le nouveau projet fédéral, les nécessaires changements pour attirer de nouveaux pratiquants sont une opportunité de nous réinventer, de repenser notre activité face à toutes ces pressions. Nous devons véritablement nous poser la question : que veut-on pour le parachutisme de 2030 ? En réalité, l’horizon 2030, c’est demain !! Nous pouvons, collégialement, décider, comme l’Australie, de garder uniquement les sauts tandem et en faire une activité à but lucratif. Nous pouvons aussi décider de conserver la pratique sportive. Mais, dans ce cas, il faut le faire de manière pragmatique. Nous devons utiliser la soufflerie comme un levier auprès du grand public, notamment en faveur du handisport et des jeunes afin de les amener au parachutisme. Ensuite, nous pourrons leur dire de venir s’essayer aux sauts d’avion. C’est tout de même incroyable de pouvoir goûter au ciel 😊».

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