“S’avaler 4000 mètres de vide. Frôler les 300 km/ heure.”

Article paru dans Var Matin – St Tropez (25/11/2012)


Virevolter au-dessus d’un monde minuscule avec un sac à dos et des chaussons de gymnaste. Ça tente qui ? Les fous furieux ? Pas vraiment. Les fondus de sports extrêmes ? Pas forcément. Les cadres en manque de sensations fortes ? Pas exactement. Mais qui alors ? Un passionné persévérant ? Loïc Perrouin en est un. Assurément.

Moniteur de sport à l’EALAT (École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre) au Cannet-des-Maures, cet adjudant est vice-champion de France et d’Europe de parachutisme freestyle. A 32 ans, il tentera de décrocher le titre lors du championnat du monde à Dubaï (du 27 novembre au 12 décembre).

« J’ai vraiment hâte d’y être. Je pense que cette compétition va être grandiose. En plus, on a un peu le statut d’outsider. Les hommes à abattre, ce sont nos copains tricolores : Yohann Aby (ancien gymnaste) et Sébastien Chambet (son vidéoman), actuels champions du monde. Je mise beaucoup sur le style pour essayer de les vaincre. La preuve, je vais sauter en costume avec un chapeau vissé sur la tête », avoue avec audace le militaire aux yeux bleus saisissants.

10 à 12 sauts par jour

Derrière lui, l’adjudant (moniteur de sports dans l’armée de terre) traîne onze années d’acrobaties aériennes, mêlant plaisirs et sacrifices. Face à lui, sept sauts de 45 secondes, tous filmés par son indissociable vidéoman Pierre Rabuel, serontjugés. Ces sept chorégraphies (dont deux imposées comprenant quatre figures obligatoires), tracées et pensées dans le ciel avec l’aide de son acolyte, Loïc les a répétées inlassablement à DeLand en Floride (USA) début novembre. Ce stage intensif programmé par l’équipe de France de parachutisme comportait 10 à 12 sauts quotidiens et lui a permis de peaufiner ces derniers réglages avant de s’envoler pour Dubaï.

« Dans l’avion, on refait notre saut. On arrive même à se l’imaginer à la première personne et la troisième. On essaye d’analyser nos mouvements et l’ensemble de notre chorégraphie, affirme Loïc. La concentration prend énormément d’énergie. Car physiologiquement parlant, il n’y a rien dans ce sport. Il faut être gaîné et costaud mentalement. »

Le Varois d’adoption s’appuie aussi sur Michel Gouvenaux (chef du service des sports de l’EALAT), son coach physique, pour préparer ses échéances internationales en toute sérénité. Son attirance pour le parachutisme remonte à son affectation au 511e régiment du train à Auxonne (Côte-d’Or). « Là-bas, J’ai connu “Pierrot” (Pierre Rabuel), mon coéquipier vidéoman. On a rencontré un pote qui faisait du “para” et qui était très très fort. Par la suite, il est même devenu champion du monde de plusieurs disciplines. »

Le saut orgasmique

Une simple rencontre, fruit du hasard, et voilà ’’Lolo’’ embarqué pour son premier saut en 2001 à Lapalisse dans l’Allier. Du haut de ses 21 ans, il tombe alors dans la marmite, ou plutôt dans sa marmite. « Ça m’a fait l’effet d’une morsure. C’était radical. Je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! La tune, le temps tout est passé dans le parachutisme. J’ai même viré mon ex qui essayait de freiner cette passion dévorante. » Ce bon à 4000 mètres d’altitude l’a marqué à jamais et les souvenirs restent gravés.

« Ce dont je me rappelle le plus c’est l’ouverture de la voile. J’ai crié de joie pendant 30 secondes. C’était orgasmique… » Une fois accroc, Loïc a emprunté 20 000 euros à la banque afin d’atteindre un niveau international. Car pour devenir bon, il faut beaucoup sauter et le matériel n’est pas donné. Aujourd’hui, il est même licencié au club de Rennes pour des raisons financières : « Grâce à eux, je ne dépense plus d’argent pour mon sport ».

Moonwalk, Baumgartner et papa poule

Pour se démarquer, “Lolo et Pierrot”, véritable binôme facétieux coaché par Nicolas Arnaud (entraîneur de l’équipe de France), ne manquent pas de créativité dans leurs chorégraphies. « On voulait insérer un moonwalk dans un de mes sauts, poursuit Loïc. Mais on s’est aperçu de la difficulté à exécuter cette figure. Nous avons fait plein de tests et décidé de l’enlever. L’effet est là sauf que visuellement ce n’est pas assez beau. » Dommage, même si le clin d’oeil à Michael Jackson passe à la trappe, Loïc Perrouin n’a pas manqué l’incroyable saut télévisé de Felix Baumgartner le mois dernier. Ce parachutiste autrichien a franchi le mur du son en chute libre en s’élançant à plus de 39 000 mètres de haut (altitude record) au-dessus du Nouveau-Mexique (USA). « Je suis complètement jaloux. C’est un truc de dingue, je suis vraiment content qu’il ait réussi. Mais j’aurais voulu être à sa place… » Même sa fille de trois ans et demi, en l’absence de son père, a confondu : « Est-ce que c’est papa qui saute ? » Quand il atterrit à la maison, le parachutiste laisse place à l’homme attentionné avec ses “deux chéries” (sa compagne et sa fille). « Dès qu’il est de retour, Loïc a envie de rattraper le temps perdu avec sa fille, indique Sonia, sa compagne. C’est un papa protecteur, casse-cou mais pédagogue. Lina adore ça. Plus ça va haut, plus ça va vite et plus elle en redemande. » Le papa poule lui aurait-il déjà transmis son besoin d’adrénaline ? En tout cas, la petite blonde a déjà une idée de cadeau pour Noël : un parachute Hello Kitty…

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