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Jean-Michel Poulet honoré aux Gloires du Sport

08 Dec 2017 - Informations   

Le 5 décembre 2017, Jean-Michel Poulet, Directeur Technique National de la Fédération Française de Parachutisme, recevait le titre de Gloire du sport, pour son brillant parcours au sein de la communauté parachutiste. Cette distinction honore des sportifs, dirigeants sportifs, entraîneurs ou journalistes sportifs ayant brillé au service du sport français. 

Portrait

“De son adolescence de jeune espoir cycliste bisontin, Jean-Michel Poulet garde indéniablement la culture de l’effort, ainsi que cette loyauté doublée de rigueur qui le caractérise. Son rêve à 14 ans était de faire le Tour de France. Avec le voile contact, c’est plusieurs tours du monde que le virtuose du parachutisme a finalement réalisé : 4 titres mondiaux en tant que compétiteur ; 11 en tant qu’entraîneur-compétiteur ; puis 7 en tant qu’entraîneur. Il est le parachutiste français le plus titré de l’histoire. 22 couronnes mondiales, auxquelles il convient aussi d’ajouter 5 records mondiaux.

S’il fallait une seule Gloire du Sport pour honorer tous les champions qui ont construit notre parachutisme, alors assurément, c’est à lui qu’il fallait décerner la palme. Et ne vous y trompez pas, qu’il soit, en plus de cela, l’actuel Directeur Technique National de la Fédération Française de Parachutisme, n’a rien à voir avec ce choix. Au contraire, cela rajoute encore plus au talent de l’homme, dont les qualités de manager sont unanimement appréciées.

Le voile contact est une discipline particulièrement engagée, lorsque toutes les voiles sont empilées, vous êtes au cœur d’un véritable château de cartes. A ce petit jeu, Jean-Michel a dû faire 40 procédures de secours au cours de sa carrière. Cette carrière, c’est à 25 ans qu’il la commence véritablement lorsqu’il rencontre le capitaine de l’équipe de France Patrick Castella. Les choses s’enchaînent vite. 1992 : premier titre en Chine. 94 : confirmation. 96 : premier doublé par équipe de 4 et de 8 en Indonésie. Logiquement, lorsque Castella se retire, Jean-Michel lui succède. De 1997 à 2005, en triple appartenance sur les trois épreuves du voile contact, il ramène des médailles en or sur chaque édition mondiale, toujours et encore.

Son meilleur coup ? Le trophée Patrick de Gayardon, qui n’a été attribué que trois fois seulement dans l’histoire du parachutisme, uniquement lorsque toutes les disciplines se trouvent regroupées au cours d’un même mondial. Les trois fois, en 2003, 2012 et 2016, c’est la France qui a gagné. Et les trois fois, c’est à lui qu’est revenu l’honneur de brandir le Graal en bronze massif.

Paris, flash-back sur le champ de mars dans les années 90, Jean-Michel saute tantôt pour le Téléthon, tantôt avec Jean-Paul Belmondo et Michel Drucker, tantôt avec Nicolas Hulot lorsqu’il clôture en direct sa 300ème et dernière émission d’Ushuaïa. Séquence exaltation, avec ce même Nicolas, au-dessus des pyramides d’Egypte. Hyde Park, au cœur de Londres, devant Lady Diana et la Reine, pour commémorer le débarquement de juin 1944. Magny Court sur le circuit de F1 avec Ayrton Senna. Barcelone en 1992, lors d’une démonstration sur le village olympique, ou encore Disneyland pour l’ouverture du parc.

De 2006 à 2011, enfin il apprend à perdre. Uniquement des médailles d’argent et de bronze. La conjoncture, bien sûr. Jean-Michel doit préparer une nouvelle génération dans laquelle, contre tout préjugés, il fait le pari d’intégrer des féminines. Je me rappelle de sa ténacité en 2010 en Russie, année où j’ai moi-même eu la chance de réaliser un triplé avec le vol relatif français. Embourbé dans des performances moyennes, il n’a jamais lâché, insufflant à ses troupes une énergie et une confiance qui, en vrai, intérieurement, devaient sûrement lui faire défaut. C’est ça les vrais moments de champion. Et puis la malchance, sur ce coup du sort du 14 juillet 2012. Le saut de démonstration sur les champs Elysées devant le président Hollande se termine en mauvais buzz. Un vent violent, des turbulences imprévisibles, un coéquipier qui coupe la route, et Jean-Michel qui se retrouve déventé à 15 mètres du sol. Son plateau tibial en miettes, les dents serrées, il fait bonne figure et répond courageusement au président venu s’enquérir de son état. A sa place, combien d’entre nous auraient pleuré de douleur ? Alors, imaginez la joie, cinq mois plus tard, lorsque ses trois équipes réalisent le triplé. Son épouse Magali Belgodère, et sa coéquipière Aude Clesse, deviennent les premières françaises championnes du monde dans une équipe à 4 mixte. Et rebelote en 2014, nouveau grand chelem. Cette fois-ci, c’est aussi par équipe de 2, dans une équipe 100% féminine face à 17 équipes masculines, que Cindy Collot et Charline Delay écrasent la concurrence. Avec l’évolution du matériel, la finesse de vol des filles est un argument capable de rivaliser avec la puissance des garçons. Cela, Jean-Michel l’avait compris avant tout le monde.

A cette même période, le président de la fédération est aussi une femme, Marie-Claude Feydeau. Sous leur double impulsion, ce n’est pas que la féminisation que l’on draine, mais aussi l’accession. Les deux se sont mis en tête d’organiser des compétitions au profit des personnes handicapées. Jean-Michel s’imagine que l’on peut les faire concourir en voltige, emportées en vol par des moniteurs tandem. Et cela marche. En 2016, grâce au concours Erasmus de l’Union Européenne, le premier HandiFly Euro Challenge connait un succès au-delà des espérances avec beaucoup d’humanité dans ce projet.

Vous l’avez compris, l’homme ne se résume pas à la couleur des médailles. Il a cette clairvoyance qui caractérise les plus grands. Sous la houlette de son nouveau président David Roth, c’est une vision limpide qu’il nous propose à présent.

Jérôme DAVID, Directeur Technique National Adjoint de la Fédération Française de Parachutisme 

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